
Peinture de couverture, Caroline François-Rubino
Une énigme infinie
Sous-titré « dialogues sur la poésie », le dernier ouvrage de Michèle Finck, vivre, écrire, sans distinction de majuscules, annonce d’emblée le lien étroit que la poète établit entre deux expériences fondatrices pour elle. Existentielles et inséparables : « vivre, écrire ». Le sous-titre éclaire ce dont il va être question pour aborder ce « vivre, écrire » qui constitue la poète. « Un mode d’existence. »
Dès la page liminaire apparaissent les noms des poètes avec lesquels va se nouer le dialogue sur la poésie. Dans l’ordre de leur apparition, Pierre Dhainaut, Jean-Marc Sourdillon, Mathieu Hilfiger, puis Sophie Guermès et Fréderic Sounac. Tous, poètes ou essayistes, romanciers et /ou universitaires ici publiés dans « Le Bateau Fantôme » dont Mathieu Hilfiger est le fondateur.
Centré, organisé et structuré par Michèle Finck, avec elle et autour d’elle, le recueil acquiert sa véritable « incarnation » dans le dialogue permanent que la poète entretient avec l’autre. Ou que l’autre relance pour elle et avec elle. Un subtil chassé-croisé entre les différents interlocuteurs permet non seulement d’entrer dans les mondes poétiques qu’ils ont en partage, non seulement encore d’approfondir ce qui préoccupe chacun et le lie à l’autre, établissant ainsi passerelles et ponts, mais aussi d’enrichir chacun d’eux et d’elle d’une humanité qui rend l’autre plus proche, plus accessible, plus fragile et plus humain. Tout ce que l’on pressentait de la poète en lisant Connaissance par les larmes, Sur un piano de paille ou encore La Ballade des hommes-nuages, pour ne citer que ces trois recueils de Michèle Finck, est ici amplement confirmé. La lectrice que je suis connaissait déjà la hauteur de cette poésie.
À la lumière des échanges et des rencontres – qui donnent aussi à saisir la profondeur des questionnements exigeants qui les constituent – les dialogues se chargent d’une vérité que n’épargnent ni la fragilité et la sincérité, ni le doute et la douleur. Et je reste saisie d’une approche aussi sensible, aussi vaste et inépuisable, ouverte sur la beauté qui sauve, sur l’ampleur des richesses que la vie offre à chacun, s’il est sensible à cette beauté. S’il demeure à l’écoute du monde. Et de l’autre. Envers et contre tout.
Ainsi, dans son échange avec chaque interlocuteur ou interlocutrice, la poète aborde-t-elle un questionnement spécifique. Lequel ouvre sur un foisonnement d’autres interrogations qui découlent des précédentes. Initié par Michèle Finck, le dialogue avec Pierre Dhainaut, intitulé « Par cœur », s’organise à partir et autour de la mémoire. Avec Jean-Marc Sourdillon, le questionnement est tourné vers l’autre, dans la tension quasi spirituelle que la poésie entretient avec cet autre. « Grâce à toi ». Dans son dialogue avec Michèle Finck, Mathieu Hilfiger explore, lui, le « Dolor Loci », qui « fait du lieu d’expérience un lieu de la douleur – locus doloris- d’où s’origine la poésie de la poète alsacienne. C’est dire si ce titre a été inspiré à l’éditeur par une lecture attentive et profonde des différentes œuvres de Michèle Finck. En particulier La Troisième main, recueil dans lequel Michèle Finck convoque Monteverdi et son Lamento d’Arianna. Pour Mathieu Hilfiger dont Monteverdi est le « mentor », la douleur est sans doute le centre névralgique générateur de la poésie de Michèle Finck. Et peut-être même de toute la poésie. Mais la poète exprime soudain le souhait de pouvoir évoquer aussi « la joie consubstantielle au lieu ». Une joie partageable. Grâce à la musique. Car l’une des spécificités de la musique, c’est qu’elle apprend à la poésie la transformation de la douleur personnelle en douleur « impersonnelle », transformation qui est à l’œuvre dans La Troisième main. Et la poète d’ajouter :
« Ce qui m’importe, ce qui meut ma poésie à l’écoute de la musique, c’est le moment où ce qui n’est que personnel devient « impersonnel, anonyme, partageable. »
« J’écris, face à face avec la douleur pour l’affronter et la transmuer. »
De mon côté, relisant ces passages sur la douleur liée à la musique, je ne peux m’empêcher d’écouter – de récouter, non seulement le madrigal de Monteverdi « Anima dolorosa » mais aussi les différents « Stabat Mater » évoqués ici : Vivaldi, Pergolese, Boccherini, Poulenc, Dvorak… Et tout en écrivant, rêvant et méditant sur la voix de James Bowman, de Nathalie Stutzmann ou de Kathleen Ferrier, je revois, estompés par les ombres du temps, les moments de soirées musicales partagées avec mon mari. C’était dans une autre vie. Douleur et sublime conjugués à l’unisson. Sans même y avoir réfléchi avant de lire cet ouvrage, je participe à l’élaboration de cette « œuvre ouverte » à laquelle la poète aspire. Désir qu’elle confie quelques pages plus loin à Fréderic Sounac: « Je conçois le livre comme une œuvre ouverte que le lecteur bâtit avec moi. »
Ainsi la poésie de Michèle Finck me ramène-t-elle à ces temps lointains mais toujours vivants et je lui en suis reconnaissante. Merci à elle, avec qui je partage aussi la Méditerranée.
La Méditerranée. Ce que retient par-dessus tout Sophie Guermès de la poésie de Michèle Finck, c’est la relation étroite que la musicalité de ses poèmes noue avec la mer. Faisant allusion au recueil La Ballade des hommes-nuages, Sophie Guermès évoque « le rythme de la mer (repère fondateur) ». La mer, pour la poète, cet « autre nom de la poésie. » Avec, en arrière-plan toujours si proche, l’Odyssée d’Homère, dans la traduction de Philippe Jaccottet.
« La mer relie/ À ce qui nous dépasse/ Ainsi la poésie ».
Définition qui conduit la poète à préciser sa pensée, fondée sur une « communauté de substance… entre la mer et le sacré » :
« C’est suggérer aussi que la poésie comme la mer, dans une sorte d’ut mare poesis sur le modèle de l’ut pictura poesis, est une expérience « religieuse », au sens où le mot « religion » est issu non seulement de « relegere » (« rassembler de nouveau ») mais aussi de « religare » (« lier »).
Enfin, dans « La main amie », Frédéric Sounac, universitaire qui « se consacre principalement à l’étude des relations entre littérature et musique », interroge Michèle Finck sur le rapport que, dès son plus jeune âge, elle a entretenu avec la musique. Son questionnement est clair et direct :
« Mais avant de devenir une « musicienne de mots », quelle musicienne êtes-vous ? D’où vous vient la musique, comme pratique, comme art, comme valeur ? »
Il faut remonter aux années de formation pour avoir accès à « la double formation musicale et littéraire » qui a été celle de la poète. « J’avais deux vies en vases communicants », confie-t-elle. Le « va-et-vient » entre ces deux vies relève en réalité d’« une seule et même grande respiration. »
Et l’on croise à nouveaux les maîtres qui ont contribué à orienter les choix de la poète. Jean-Pierre Richard, Pierre Brunel et Yves Bonnefoy. Et la voie qu’elle a choisie.
« Travailler au point d’intersection névralgique de la poésie et de la musique. »
L’échange entre Frédéric Sounac et Michèle Finck, l’un et l’autre toujours jonglant en virtuoses avec poésie et musique, évolue au fil des pages vers une approche « autobiomusicographique ». Où tout ce qui constitue la vie de la poète, instruments et poésie, forme un continent vivant et fluctuant au gré des expériences vitales qui se présentent.
Il va sans dire que d’un dialogue l’autre se nouent, au-delà de quelques chemins de traverse, des ressemblances, des connivences et des affinités. « Correspondances stellaires ». Que se répondent des échos ; que chacun des interlocuteurs avance, dans l’écoute de l’autre, laquelle se construit avec tant d’autres. Poètes et musiciens d’époques proches ou plus lointaines, philosophes et peintres, artistes, acteurs danseurs et chorégraphes, photographes, metteurs en scène et vidéastes. Qui donnent à entendre, réunis dans un même recueil, une polyphonie de voix autour de ce qu’est pour chacun, la poésie, connaissance intime et incarnée. De ce que la poésie, ainsi convoquée, met en jeu de la matière vivante qui la constitue. Cheminant ainsi de concert, chacun précise quels poètes ont joué un rôle primordial dans leur existence, dans leur progression dans le vivre, écrire.
Au cours de son échange avec Pierre Dhainaut, Michèle Finck donne une définition possible de cet ouvrage :
« L’écriture des poèmes et l’architecture du livre se font ensemble et cheminent de concert pour que jamais l’architecture n’impose une forme préexistante et contraignante ».
Il en est une autre qui vient à l’esprit en cours de lecture, celle de « Polyphonie. » Car multiples sont les voix que la lectrice aborde et entend. Poètes, connus reconnus, mais pas seulement. À propos de son recueil L’ouïe éblouie, Michèle Finck en réponse à Pierre Dhainaut (mais ce pourrait l’être aussi à Jean-Marc Sourdillon) ajoute qu’il y a chez elle la nécessité absolue « de communauté ». Laquelle se dégageant de la gangue solipsiste du moi entre en dialogue avec les artistes dont elle sollicite la présence. Ainsi croisons-nous les maîtres de sa formation. Jean-Pierre Richard, Pierre Brunel et Yves Bonnefoy, déjà rencontrés. Les pères fondateurs, communs à tous, Racine, Baudelaire et Rimbaud ; Mallarmé et Nerval, Dante et Ungaretti ; Henri Michaux et Verlaine; Apollinaire, Pizarnik et Rilke ; Marina Tsvetaïeva et Akhmatova ; Ingeborg Bachmann, Paul Celan, Philippe Jaccottet ; Georg Trakl, Claude Vigée, « poète de la mémoire juive » selon Michèle Finck. Mais aussi et surtout, pour elle, Yves Bonnefoy, « le père spirituel », celui (« qui incarnait une forme d’absolu dans la poésie ») ; Monteverdi Bach Schubert Debussy et Arnold Schönberg ; la chanteuse Billie Holiday (« la douceur rauque de sa voix »), la danseuse Carolyn Carlson et le vidéaste tant aimé Laury Granier; María Zambrano et Pierre Bonnard pour Jean-Marc Sourdillon. Qui choisit de construire sa propre quête sur « le parti pris de l’autre ». Un autre inconnu, dont le visage se dérobe. Car, dit le poète de N’est pas là, « dès le début, quelqu’un manque, dès le début « tu » n’es pas là, c’est en nous une fragilité, un tremblement et écrire est un moyen que j’ai trouvé très tôt (je ne suis pas le seul) pour aller vers lui ou elle, celui ou celle qui manque, pour aller vers « toi ».
Dès le début, pour Jean-Marc Sourdillon comme pour Michèle Finck, vivre est lié à l’expérience de la solitude mais c’est cette béance ontologique qui conduit à l’écriture. Ainsi d’Alejandra Pizarnik, dont Jean-Marc Sourdillon se sent très proche, qui écrit :
« Toute la nuit j’écris pour chercher qui me cherche. » Êtrécrire : telle est la réponse de Michèle Finck. Tout cela s’imbrique qui favorise l’émancipation « de la mémoire personnelle vers une mémoire transpersonnelle ou outre-personnelle. » Tant d’autres encore, la plupart disparus, nourrissent ces échanges. Leurs noms surgissent, qui avivent les liens et dont les vers choisis rythment le dialogue. Polyphonie ? Le terme revient au cours de l’échange que Pierre Dhainaut poursuit avec Michèle Finck. Ainsi le poète d’Armentières se souvient-il et évoque-t-il ce temps lointain d’une première rencontre poétique :
« Vous souvenez-vous, Michèle, que nous avons été voisins dans le n° 9 (été 1989), « Musiques et voix », de la bien nommée revue Polyphonies ? y figuraient « Mémoire » et « À un son mort » : « Depuis l’enfance j’écris à la lampe d’un son mort / qui heurte en moi la musique où dormir ».
Où l’on retrouve dans cette évocation du poète du Nord le besoin d’élucider et de nourrir le lien fondamental qu’il entretient dans sa poésie, avec la mémoire. Pierre Dhainaut ne se définit-il pas comme une « archéologue de la mémoire ».
Et Michèle Finck de relancer le dialogue par un nouveau questionnement :
« Que fait la mémoire à la poésie ? Et que fait la poésie à la mémoire ? »
Difficile de rendre compte de manière exhaustive de ces échanges chatoyants qui parlent d’un rapport particulier à la vie et à l’écriture, quand la question première qui se pose est « comment vivre ? » Il s’avère que vivre, écrire, quels que soient la douleur et l’effroi qui traversent, part d’un élan que rien ne peut arrêter. Pour chacun d’eux et d’elle, vivre/lire/écrire sont les paradigmes d’une même expérience à laquelle il faut joindre, pour Michèle Finck, la musique et la mer. Car, dit-elle, « nager dans la mer, c’est comme nager dans la mémoire de tous. » De sorte que « le perdu n’est pas perdu ». Mais métamorphosé. De sorte aussi qu’à « la catabase », « succède l’anabase. »
À la puissance invariante du mal qui taraude répond « la réparation intérieure » que seules la poésie et la musique peuvent soigner, soulager, réparer. Ou encore, peut-être, la prière. Qui peuvent assurer une longue et difficile « transmutation ».
L’avancée dans la réflexion se fait d’une interrogation à l’autre par rebonds ininterrompus. Ainsi Michèle Finck et Jean-Marc Sourdillon, tous deux traducteurs, l’un de María Zambrano et l’autre de Trakl abordent-ils la question : « La traduction permet-elle d’aller à la rencontre de l’autre ? » Jean-Marc Sourdillon répond par touches successives, dans un aveu personnel très émouvant. Cette confession porte d’abord sur le rapport du poète à la langue, sa langue, avant d’évoquer sa rencontre avec María Zambrano. Une expérience poussée à l’extrême :
« J’hésite, je tremble dans ma langue ; en parlant, je ne suis jamais sûr de trouver le bon mot, d’aller jusqu’au bout de ma phrase ou de respecter la bonne forme… Si j’ai traduit, c’est par attirance pour quelqu’un, par amour même, une sorte d’amour. Je voulais rejoindre María Zambrano là où elle palpitait, là où elle était vivante, là où elle écrivait, pensait, naissait, là où elle inventait sa langue dans le prolongement de sa vie exceptionnelle. J’ai appris non pas l’espagnol mais le María Zambrano, la langue de quelqu’un, je l’ai traduite, elle María Zambrano parce que je l’aimais – avec l’aide de mon ami Jean-Maurice Teurlay sans qui je n’y serais jamais arrivé… »
Un peu plus loin dans ces pages étonnantes consacrées à sa relation poétique avec la poète espagnole, Jean-Marc Sourdillon ajoute: « au bout d’un moment la traduire n’a pas suffi non plus, il a fallu que je l’écrive, littéralement, que j’écrive dans son sillage, que je lui donne ma voix et mes mots, que je la poursuive, que je les poursuive elle et sa vie, sa pensée dans mon langage. J’ai pris momentanément son visage, je lui ai emprunté son regard, et j’ai parlé à sa place, ou plutôt je l’ai laissé parler à la mienne, sa vie dans ma voix, son moi dans mon je, je suis entré dans sa mémoire les yeux grands ouverts, et j’ai vu avec ses yeux… »
Soulignant les convergences et les différences, Michèle Finck aborde la question de Trakl par le rapport à son propre père et le lien qu’il entretenait avec la langue allemande. « Deux amours », en quelque sorte, qui demeurent pour elle inséparables. Cependant, au-delà de ces liens très étroits, Georg Trakl est pour la poète « la voix même de notre modernité en détresse ». C’est par ces mots qu’elle définit le poète autrichien dont elle retrace rapidement l’existence tragique. À son tour de se livrer à un aveu plus personnel:
« Il est possible que j’aie traduit Trakl non seulement pour intérioriser totalement avec compassion à la fois ce poète et mon père – mais aussi, dans une partie plus souterraine de moi-même, pour les expulser tous les deux hors de moi. Pour expulser le Trakl en moi (la face noire, « enténébrée », de la poésie) et pour expulser mon père de moi (son mutisme et son « alinguisme » castrateurs)?»
D’autres questions prolongent les échanges forgés sur la relation à l’autre, notamment le lien étroit que la poésie entretient avec d’autres formes de partage : « le geste verbal vers les autres arts et artistes peuvent-ils permettre une intensification de cette rencontre tant désirée de l’autre dans le poème ? » L’occasion pour les deux poètes d’approfondir ensemble « la consanguinité de la poésie et de la rencontre de l’autre. » Mais pour tous deux, le point de rencontre privilégié dans ce domaine est celui de la musique. Ainsi, même si l’art sous ses différentes formes nourrit en profondeur l’écriture de Michele Finck, Jean-Marc Sourdillon ne peut que souligner la partition fondamentale et fondatrice que la musique joue dans l’écriture de la poète :
« La musique occupe une place à part, absolument centrale dans tes livres. C’est à travers elle, ses formes, son histoire, ses déchirures, son absolu que tu parviens à rejoindre ta vie là où toujours elle s’échappe et brûle »
À quoi Michèle Finck répond par cet autre aveu :
« je cherche à réparer une blessure, une fissure en moi-même et dans la poésie française contemporaine, qui me semble-t-il, a aussi perdu tant de lecteurs parce qu’elle s’est détournée de la musique… »
Au-delà de ce lien étroit que la poésie peut entretenir avec la musique, il reste une question difficile que les deux poètes vont aborder ensemble, celle de la transcendance :
« Le poème peut-il parfois pour toi, accueillir une altérité radicale qui nous dépasse, une transcendance ? »
Pour Jean-Marc Sourdillon, il semble que ce soit le cas : « que la poésie est faite pour dire cela, cette relation avec ce qui est autre et nous dépasse, qu’elle est dans son essence parole de la transcendance. L’expérience de la transcendance, ce si beau mot, naît sans doute, pour dire vite les choses, dans ce sentiment, parfois cette sensation, que l’on ne coïncide jamais avec soi-même, que l’on est toujours « quelque part dans l’inachevé » … »
Pour l’un comme pour l’autre, cette interrogation demeure, qui confirme cependant que « la poésie est fondamentalement ce qui relie à ce qui nous dépasse. » « Comme toi », répond-elle à son interlocuteur, « j’écris avant tout vers : vers toi, vers le monde, vers l’inconnu, peut-être vers une transcendance. » « Une énigme infinie ».
Quant à Mathieu Hilfiger, éditeur de cet ouvrage et poète, il oriente son dialogue avec Michèle Finck sur le Dolor loci. Car, dit-il, l’œuvre de la poète strasbourgeoise constitue « une archive de la douleur. » Il n’est qu’à lire Balbuciendo ou Connaissance par les larmes pour s’en convaincre. Quels liens unissent « lieux » et « douleur » dans la poésie de la poète strasbourgeoise ? À la lumière de ces échanges – qui donnent aussi à saisir la profondeur des questionnements exigeants qui les constituent – les dialogues se chargent d’une vérité que n’épargnent ni la fragilité ni le doute ni la douleur.
Laisser un commentaire