TDF - La revue de poésie et de critique d'Angèle Paoli

Terres
de Femmes

Sylvie Fabre G. | L’Approche infinie | Lecture d’Angèle Paoli

Publié le :

26 février 2006

/

Topique : Insularité


Sylvie Fabre G., L’Approche infinie,

le dé bleu, 2002.



Lecture d’Angèle Paoli


Àu cœur de L’Approche infinie, dans les interstices du silence, enfouie entre altitude et abîme, se tient la promesse infinie du poème. Entre ces extrêmes « inaudibles » surgit « le geste d’écrire ». Un geste salvateur qui atténue blessures et cicatrices, répare la douleur de la perte et donne au poème la forme silencieuse de l’amour. Amour intense et discret des formes simples, amour du ciel et des nuages, amour de la mer et des fleurs. Amour du langage souterrain des choses. Amour de la lumière et de la vie.





Roma_2001
Anne Slacik, Roma, 2001





À l’origine du voyage poétique, La promesse. Vient ensuite La traversée. La traversée – exil, désert, paysage, azur, nuages – conduit au centre. L’île. « Au centre de la fable, l’île ». Elle est l’ancrage de la blessure et de l’attente. De l’abandon et du désir. Elle est le tatouage à dé-chiffrer, l’univers à dé-couvrir, à apprivoiser. Elle est l’île. Celle qui suscite le geste d’écrire. Tenu secret dans la promesse.

L’Approche infinie est un voyage-trajectoire le long de « la caravane des mots » mais, au-delà de cette traversée, elle est approche sensitive de la mise en mots de l’acte d’écrire. Le poète crée l’attente, avec ses amarrages, ses arrimages, ses départs et ses retours, ses découvertes minuscules – « le lézard » et « son syllabaire inconnu » – et ses interrogations. « Qui es-tu » ? « Où es-tu » ? « Où vas-tu » ? « Où vont les jours » ? Écrire alors pour tenter de répondre, pour tenter d’approcher « l’amour à sa source » et de rejoindre la « parole infinie du Oui ». Parole consolatrice du oui, réparatrice, qu’évoque cette double image : « L’anneau syllabe du oui », « cet enclos contre le vide ». L’Approche infinie est exploration. Elle est voyage en ellipse.

Entre deux bornes miliaires et deux approches, entre un seuil et un autre, entre « ellipse » et « césure », surgissent les mots de la douleur, de la fracture, de la faille. De « l’imploré » et de « l’inconsolable ». De la disparition et de l’oubli. Mais aussi, plus tard, plus loin, les mots de la réconciliation. Mots discrets, infimes, légers, à peine perceptibles comme ces menus riens, ces « brindilles », ces présences invisibles qui émaillent le recueil de L’Approche infinie de poème en poème. Pareil à un fil ténu, le poème conduit vers le « chant bleu », à peine audible. Qui donne à déchiffrer le mystère du monde. Et le poète dans sa quête va « vers l’effacement ».



Angèle Paoli
D.R. Texte angèlepaoli





■ Sylvie Fabre G.
sur Terres de femmes

→ Sylvie Fabre G. par Sylvie Fabre G. (
auto-anthologie poétique comprenant plusieurs extraits de L’Approche infinie)
[À l’orée] (poème issu du recueil L’Intouchable)
[C’est un matin doux et amer](poème issu du recueil L’Autre Lumière)
Frère humain (note de lecture d’AP)
Frère humain (note de lecture d’Isabelle Raviolo)
[La pensée va, et vient à ce qui revient] (poème issu du recueil Frère humain)
Celle qui n’était pas à sa fenêtre (extrait issu du Génie des rencontres)
Corps subtil
La demande profonde
Dans l’attente d’un prolongement qui se meurt (note de lecture sur Corps subtil)
Trouver le mot (poème issu du recueil L’Autre Lumière)
Lettre des neiges éternelles (extrait de La Maison sans vitres)
Piero, l’arbre (autre extrait de La Maison sans vitres)
Le rêveur d’espace [hommage à Claude Margat] (autre extrait de La Maison sans vitres)
Pays perdu d’avance (note de lecture d’AP)
Maison en quête d’orient (poème issu du recueil Les Yeux levés )
[Plus forte que la forêt] (poème issu du recueil Tombées des lèvres)
Tombées des lèvres (note de lecture d’AP)
Tombées des lèvres (note de lecture d’Isabelle Raviolo)
[Bien sûr le chant s’apaise dans le soir] (poème issu du recueil La Vie secrète)
Quelque chose, quelqu’un
→ (dans la Galerie Visages de femmes)
le Portrait de Sylvie Fabre G. (+ extrait de L’Approche infinie)
Jean-Pierre Chambon, Le Petit Livre amer, par Sylvie Fabre G.
Jean-Pierre Chambon | Michaël Glück, Une motte de terre par Sylvie Fabre G.
Patricia Cottron-Daubigné, Visage roman, par Sylvie Fabre G.
Alain Freixe, Vers les riveraines, par Sylvie Fabre G.
Emmanuel Merle, Ici en exil, par Sylvie Fabre G.
Emmanuel Merle & Thierry Renard, La Chance d’un autre jour, Conversation (lecture de Sylvie Fabre G.)
Pierre Péju, Enfance obscure, par Sylvie Fabre G.
Pierre Péju, L’État du ciel, par Sylvie Fabre G.
Pierre Péju, L’Œil de la nuit, par Sylvie Fabre G.
Fabrice Rebeyrolle, un peintre gardien du feu, par Sylvie Fabre G.
Erwann Rougé, Passerelle, Carnet de mer, par Sylvie Fabre G.
Fabio Scotto, La Peau de l’eau, par Sylvie Fabre G.
Roselyne Sibille, Entre les braises, par Sylvie Fabre G.
Jean-Marie de Crozals & Sylvie Fabre G. | [La montagne bascule]
→ (dans l’anthologie poétique Terres de femmes)
L’au-dehors
→ (dans les Chroniques de femmes)
L’Amourier | Le Jardin de l’éditeur par Sylvie Fabre G.
→ (dans les Chroniques de femmes)
Anne Slacik par Sylvie Fabre G. : Anne, la sourcière
→ (dans les Chroniques de femmes)
Ludovic Degroote | Retisser la trame déchirée, par Sylvie Fabre G.
→ (dans les Chroniques de femmes)
Une terre commune, deux voyages



■ Voir aussi ▼

→ (sur le site de la Mél, Maison des écrivains et de la littérature) une
fiche bio-bibliographique sur Sylvie Fabre G.
→ (dans les Chroniques de femmes de Terres de femmes)
L’Amourier | Le Jardin de l’éditeur par Sylvie Fabre G.





Retour au répertoire du numéro de février 2006
Retour à l’ index des auteurs
Retour à l’ index des « Lectures d’Angèle »

» Retour Incipit de Terres de femmes

Laisser un commentaire

Articles reliés