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Naissance à Narbonne, le 11 septembre 1889 *, de Pierre Reverdy.
Dans le Livre de mon bord (1948), le poète définit la poésie en ces termes : « La poésie est à la vie ce qu’est le feu au bois. Elle en émane et la transforme. Pendant un moment, un court moment, elle pare la vie de toute la magie des combustions et des incandescences. Elle est la forme la plus ardente et la plus imprécise de la vie. Puis la cendre. » Prote et imprimeur de métier, Pierre Reverdy est un « moderne ». Tout comme Max Jacob, Raymond Roussel ou Jean Cocteau. Comme le sont aussi, en peinture, ses amis du Bateau-Lavoir : Picasso, Braque, Juan Gris. Pour Pierre Reverdy, comme pour les artistes qu’il fréquente, il s’agit de créer des objets, indépendants, libérés de tout souci de représentation. Des « concrétions d’images, de rythmes et de mots », dégagées de la gangue des circonstances et du pathos. Il s’agit de faire du poème « un capteur et un transformateur de la réalité ». Pour autant, la poésie n’en demeure pas moins expérience de soi et du monde. Soucieux de s’inscrire dans les combats de son temps, Pierre Reverdy s’engage dans la Première Guerre mondiale. Réformé, il fonde à son retour à Paris, en 1917, la revue littéraire d’avant-garde Nord-Sud (titre inspiré du nom de la ligne de métro qui relie Montmartre à Montparnasse). Revue à laquelle participent Guillaume Apollinaire, Max Jacob, Paul Dermée, Roch Grey, André Breton, Louis Aragon et Philippe Soupault. C’est dans cette revue (n° d’octobre 1917) que Reverdy publie pour la première fois l’essai intitulé L’Émotion , essai dans lequel Reverdy définit son esthétique de la poésie. Retiré à Solesmes (rue du Rôle, à proximité de l’abbaye) à partir de 1926, le poète poursuit la publication de ses recueils de poèmes. Tendu tout entier dans sa quête de l’épure, Pierre Reverdy se consacre à un art austère, fondé sur « le pacte avec le silence ». En accord et en harmonie avec la vie quasi monacale qu’il s’est finalement choisie. Pierre Reverdy est l’auteur de nombreux recueils qui ont eu une influence importante sur les poètes de sa génération, sur les surréalistes en particulier. Ci-dessous, une sélection bibliographique :
– La Lucarne ovale (1916) – Les Ardoises du toit (1918) – Cœur de chêne (1921) – Cravates de chanvre (1922) – Les Épaves du ciel (1924) – Écumes de la mer (1925) – Flaques de verres (1929) – Sources du vent (1929) – Pierres blanches (1930) – Ferraille (1937) – Plein verre (1940) – Plupart du temps (1945) – Le Chant des morts (1948) – Au soleil du plafond (1955) – La Liberté des mers (1960, daté 1959) – Sable mouvant (1966). Angèle Paoli D.R. Texte angèlepaoli ____________________ * Selon l’état-civil, Pierre Reverdy est né le 13 septembre 1889. Mais Pierre Reverdy se disait né le 11 septembre en plein midi. |
| PIERRE REVERDY
→ Le bonheur des mots → Ciel étoilé (poème extrait des Ardoises du toit) → Heure → Sur la mer le lever du jour (poème extrait de Sources du vent) → 15 mars 1918 | Pierre Reverdy, Les Ardoises du toit → 17 juin 1960 | Mort de Pierre Reverdy (poème + notice bio-bibliographique) ■ Voir aussi ▼ → (sur le site du cipM, centre international de poésie Marseille) une fiche bio-bibliographique consacrée à Pierre Reverdy → la page Pierre Reverdy du blog La Lucarne |
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