TDF - La revue de poésie et de critique d'Angèle Paoli

Terres
de Femmes

Pierre Reverdy | Les Ardoises du toit

Publié le :

30 septembre 2008

/

Catégorie(s) :

« Poésie d’un jour »



Poeme_ardoise_jetee_pierre_reverdy
Image, G.AdC





Sur chaque ardoise

qui glissait du toit

on

avait écrit

un poème


La gouttière est bordée de diamants

les oiseaux les boivent



Pierre Reverdy, Les Ardoises du toit, 1918, in Plupart du temps, I, 1915-1922, Gallimard, Collection Poésie, 1969, page 163.






LA JETÉE

Les étoiles sont derrière le mur

Dedans saute un cœur qui voudrait sortir

Aime le moment qui passe

À force ta mémoire est lasse

D’écouter des cadavres de bruits

Dans le silence

Rien ne vit

Au fond de l’eau l’image s’emprisonne

Au bord du ciel une cloche qui sonne

La voile est un morceau du port qui se détache


Tu restes là

Tu regardes ce qui s’en va

Quelqu’un chante et tu ne comprends pas

La voix vient de plus haut

L’homme vient de plus loin

Tu voudrais respirer à peine

Et l’autre aspirerait le ciel tout d’une haleine



Pierre Reverdy, Les Ardoises du toit, 1918, in Plupart du temps, I, 1915-1922, Gallimard, Collection Poésie, 1969, page 196.





■ Pierre Reverdy
sur Terres de femmes

Le bonheur des mots
Ciel étoilé (poème extrait des Ardoises du toit)
Heure
Sur la mer le lever du jour (poème extrait de Sources du vent)
11 septembre 1889 | Naissance de Pierre Reverdy (poème + notice bio-bibliographique)
15 mars 1918 | Pierre Reverdy, Les Ardoises du toit
17 juin 1960 | Mort de Pierre Reverdy


■ Voir aussi ▼

→ (sur le site du cipM, centre international de poésie Marseille) la
fiche bio-bibliographique consacrée à Pierre Reverdy
→ la page Pierre Reverdy du blog
La Lucarne



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3 réponses à “Pierre Reverdy | Les Ardoises du toit”

  1. Christiane Parrat

    Le vent a jeté quelques ardoises à terre. L’enfant s’est approché. Craie sur ardoise pour apprendre l’alphabet, lettres sur pierres pour entrer dans le livre des hommes , sous la houlette du vent.
    Passeur du temps.
    Le vent a jeté quelques ardoises à terre. Le père monte à l’échelle pour consoler le toit. L’enfant pleure avec sa craie inutile. Le père a volé l’alphabet, l’enfant muet a des mains inutiles…

  2. Bonjour Angèle
    J’éprouve toujours le même plaisir à découvrir ou redécouvrir des poètes sur votre blog.
    Baci

  3. Pierre Reverdy. La simplicité qui pique au cœur, là où l’essentiel des choses brille. Un poète rare.
    Merci

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