TDF - La revue de poésie et de critique d'Angèle Paoli

Terres
de Femmes

Fabio Pusterla | La fugitive

Publié le :

21 avril 2005

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Catégorie(s) :

« Poésie d’un jour »



Tramonto_di_fuoco_cinarchese
Ph, G.AdC






FUGGIASCIA



Cerca quello che resta
dopo lo sguardo
dopo la marea e il ritiro delle acque,
dopo ogni giorno e prima di ogni giorno.
La sua è una luce incerta
o fuori spettro:
credi di intuirla, ti volti e non c’è.
Prende quello che resta
e lo rimette in gioco: aghi di pino
sparsi, forellini,
ombre di gatto già saltato via,
gli arabeschi dei gabbiani sulla sabbia.
Raccogliee le cortecce, gratta i muri.

Dici che lungo il cammino
bruciavano le foreste dietro di noi.
Che non si sapeva perché,
ma qualcosa diceva: ecco,
è questo, il motivo del viaggio,
per questo siamo qui..
Dici che l’orizzonte
era inquieto e struggente, rosso fuoco.

Dietro la casa c’è un giardino incolto :
sopra un filo
sventola un abito rosso. Per terra
palle di plastica, vasi pieni di sabbia.
Più lontano
Una parete d’assi chiude il cielo.

Di chi è passato di qui
Rimane poco o niente :
Qualche goccia,
Forse, sopra una foglia,
Il movimento di un ramo.
O è solo il vento. […]







LA FUGITIVE



Elle cherche ce qui demeure
au-delà du regard,
après la marée et le retrait des eaux,
après chaque jour, avant chaque jour.
Incertaine est sa lumière,
ou hors spectre :
on croit la deviner, on se retourne et plus rien.
Elle prend ce qui reste
et le remet au monde : aiguilles de pin
éparpillées, petits trous,
ombres d’un chat qui a déjà sauté loin,
Les arabesques des mouettes sur le sable.
Elle ramasse les écorces, gratte les murs.

Tu dis que le long du chemin
derrière nous brûlaient les forêts.
Qu’on ne savait pas pourquoi,
mais quelqu’un disait : voilà,
la raison du voyage c’est ça,
c’est pour ça que nous sommes ici.
Tu dis que l’horizon
était inquiet et déchirant, rouge feu.

Derrière la maison il y a un jardin en friche :
une robe rouge flotte
sur un fil. Par terre
des balles de plastique, des pots pleins de sable.
Un mur de planches
plus loin ferme le ciel. […]



Fabio Pusterla, Le cose senza storia, in Deux rives, Collection « D’une voix l’autre, » Cheyne Éditeur, 2002, pp. 42-43. Traduit par Béatrice de Jurquet. *




* La traduction du poème « Fuggiasca » figure dans le recueil Les Choses sans histoire/Le cose senza storia (édition bilingue), éditions Empreintes, Poche Poésie, Moudon, 2002, pp. 154-159. Traduit de l’italien par Mathilde Vischer. Ci-après le début du poème :

Elle cherche ce qui reste
après le regard,
après la marée et le retrait des eaux,
après chaque jour et avant chaque jour.
Sa lumière est une lumière incertaine
ou bien hors spectre :
tu crois la deviner, tu te retournes, elle n’est pas là.
Elle prend ce qui reste
et le remet en jeu : aiguilles de pins
éparpillées, petits trous,
l’ombre d’un chat enfui,
les arabesques des mouettes sur le sable.
elle ramasse les écorces, gratte les murs.






FABIO PUSTERLA


Fabio Pusterla
Source



■ Fabio Pusterla
sur Terres de femmes

Arte della fuga
Au-delà des vagues
Caparìca
Corps d’étoiles
Due rive
Entre-deux
Esquisse en poudre de gypse, 6
Une vieille (+ bio-bibliographie)



■ Voir aussi ▼

l’article du Matricule des anges sur l’ouvrage Deux rives de Fabio Pusterla
→ (sur le site de culturactif.ch)
une bio-bibliographie très complète de Fabio Pusterla





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