TDF - La revue de poésie et de critique d'Angèle Paoli

Terres
de Femmes

Fabio Pusterla | Lo Splendore

Publié le :

12 avril 2026

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Poi ci sono quei giorni che rimango
qui fermo con la sensazione che ogni cosa
abbia perduto la sua luminosità, che sopra il mondo
sia sceso un velo di cenere mesta.
Anche il tuo scorrere
si direbbe più lento, una pista polverosa
di fango e d’acqua bigia
che va di malavoglia. Fradicio,
un legno s’incaglia, una foglia sprofonda,
una gora del tempo borbotta
accidiosa.
Sono andati
altrove i pochi amici, nei boschi
tace ogni grido e solo il vento
sbatte da qualche parte una persiana, una porta,
con un rumore distratto, regolare
come di nervo che pulsa distante.
Sulla riva, tra i sassi, una rana
morta che trascolora ; più in là fuori vista qualcosa
grida degli ordini, frusta un somaro.

Béance

                         » il y a ces jours où je reste / ici immobile avec la sensation que chaque chose

                          a perdu sa luminosité »  Photo A.Paoli

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Puis il y a ces jours où je reste
ici immobile avec la sensation que chaque chose
a perdu sa luminosité, que sur le monde
un triste voile de cendre s’est déposé.
Il semblerait que même ton parcours
soit plus lent, une piste poussiéreuse
de boue et d’eau grise
qui s’écoule à contrecœur. Détrempé,
un bout de bois s’échoue, une feuille coule,
un chenal du temps marmonne
paresseusement.
Ils sont partis
ailleurs les rares amis, dans les bois
s’étouffe chaque cri et seul le vent
fait battre par endroit un volet, une porte,
avec un bruit distrait et régulier
comme un nerf qui tressaute au loin.
Sur la rive, entre les rochers, une grenouille
morte se décolore ; plus loin et hors-champ quelqu’un
crie des ordres, fouette un âne. 

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Fabio Pusterla, « Confuscazioni » / « Assombrissements » in Lo splendore / La splendeur, Traduit de l’italien (Suisse) et préfacé par Jean-Simon Mandeau, D’UNE VOIX l’AUTRE, Édition bilingue, Cheyne Éditeur 2025, pp.72,73.

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