TDF - La revue de poésie et de critique d'Angèle Paoli

Terres
de Femmes

Zoé Valdés | Paquita Valdès

Publié le :

10 mars 2005

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Zoé Valdés
Image, G.AdC






Zoé Valdés ! Le nom de la romancière cubaine résonne en écho infini dans mon immatérielle mémoire. Un nom aux senteurs de tabac. Un nom de fougueuse habanera. Qui s’enracine dans la vie et plus loin, en moi, « en littérature ». Si j’aime Zoé Valdés, c’est aussi parce que son nom m’évoque son « presque » double féminin antérieur, Paquita Valdès.

Paquita Valdès ? Une héroïne balzacienne méconnue. Héroïne du roman La Fille aux yeux d’or. Un bijou de belle, ciselé à l’or fin. Mais une héroïne de la tragédie amoureuse. La belle Paquita est en effet sous la coupe d’une femme de pouvoir, une marquise redoutable qui la tient entre ses griffes. « La fille aux yeux d’or » ne sort qu’accompagnée de sa duègne espagnole, Concha Marialva, chargée de veiller précautionneusement à la « suave créature ». Mais Paquita est de la race des fulve, une femme de feu. Un feu qui brille dans ses yeux mordorés comme dans les yeux des grands fauves qui somnolent languissamment dans la savane. Un feu qui couve jusque dans ses « formes ardentes et voluptueuses ». Un feu qui mettra Henri de Marsay au supplice. Le « chef des Dévorants », bel Adonis éperdu de passion, ne pourra sauver son amante du drame final.

Ce roman, qui boucle la trilogie de l’Histoire des Treize, évoque avec finesse l’homosexualité féminine au XIXe siècle. Il trouve son miroir inversé dans La Duchesse de Langeais. Du même Honoré de Balzac. La duchesse de Langeais, malmenée par Armand de Montriveau son amant, en même temps que par les extravagances de la jalousie amoureuse, choisit de guerre lasse, la chasteté. Qui la conduit jusque dans un couvent espagnol de carmélites déchaussées. Et jusqu’au désespoir !


Angèle Paoli
D.R. Texte angèlepaoli





■ Zoé Valdés
sur Terres de femmes

2 mai 1959 | Naissance de Zoé Valdés (+ extrait de Louves de mer)
Zoé Valdés, la louve de Cuba (note de lecture d’AP sur Louves de mer)
Chasteté, chasteté
Portrait de la femme qui ne sait que faire de sa vie
→ (dans la galerie Visages de femmes)
Portrait de Zoé Valdés





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Une réponse à “Zoé Valdés | Paquita Valdès”

  1. M.P.

    Bon, bon… c’est du vécu … et ça prosélyte ardemment… Pour m’amender et tenter de mieux m’approcher de ce qui me semble un peu surévalué en termes d’acmé… je t’offre une chanson de Catherine Lara , la rockeuse de diamants qui recherche elle aussi le Graal depuis longtemps…

    Requiem pour un amour

    Ne cherche pas encore
    l’ombre d’un testament
    Notre amour n’est pas mort,
    il dort outrageusement
    Quelque part dans l’azur,
    le vide extravagant
    Notre amour se mesure
    à l’infiniment grand

    Poser un point final dis-moi
    qu’est-ce que ça prouve ?
    C’est con comme une étoile
    quand la nuit se découvre…
    Je guette le crépuscule
    avec une faim de louve
    J’ai semé des virgules
    pour que tu me retrouves…

    Mon danger rassurant,
    mon excès de folie
    Ecarte du néant, les cartes
    de vie
    Et laisse les parenthèses
    aux amoureux maudits
    Viens souffler sur nos braises,
    baptiser l’incendie…

    T’as planté tes racines
    au plus profond de moi
    On est tombé de haut
    mais j’m’fous des séquelles
    Viens tatouer sur ma peau
    des sensations nouvelles…

    Dans tes yeux maladroits,
    j’ai vu une étincelle
    Comme celle qui nous renvoie
    au vertige passionnel
    De désir en démence
    je reviens sur tes pas
    Licorne d’abondance,
    l’amour n’en finit pas…

    Requiem pour un amour…

    Ne cherche pas encore
    l’ombre d’un testament
    Notre amour se mesure
    à l’infiniment grand.

    [J.J.Thibaud/C.Lara/Th.Eliez
    dans l’Album MALDONNE -1993 ]

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