TDF - La revue de poésie et de critique d'Angèle Paoli

Terres
de Femmes

Roland Barthes | Texte de plaisir | texte de jouissance

Publié le :

26 mars 2007

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Catégorie(s) :


Doublement_pervers_1
Ph, G.AdC







TEXTE DE PLAISIR | TEXTE DE JOUISSANCE



Texte de plaisir : celui qui contente, emplit, donne de l’euphorie; celui qui vient de la culture, ne rompt pas avec elle, est lié à une pratique « confortable » de la lecture. Texte de jouissance : celui qui met en état de perte, celui qui déconforte… fait vaciller les assises historiques, culturelles, psychologiques, du lecteur, la consistance de ses goûts, de ses valeurs et de ses souvenirs, met en crise son rapport au langage.

Or c’est un sujet anachronique, celui qui tient les deux textes dans son champ et dans sa main les rênes du plaisir et de la jouissance, car il participe en même temps et contradictoirement à l’hédonisme profond de toute culture et à la destruction de cette culture : il jouit de la consistance de son « moi » (c’est son plaisir) et recherche sa perte (c’est sa jouissance). C’est un sujet deux fois clivé, deux fois pervers.



Roland Barthes, Le Plaisir du texte, Éditions du Seuil, Collection « « Tel Quel » », 1973, page 26.




■ Roland Barthes
sur Terres de femmes

12 novembre 1915 | Naissance de Roland Barthes
26 mars 1980 | Mort de Roland Barthes




■ Voir | écouter aussi ▼


→ (sur YouTube)
une interview de Roland Barthes au lendemain de la publication de Mythologies (1957). Lectures pour tous de Pierre Dumayet du 29 mai 1957. Document d’archives ina.fr
→ (sur YouTube)
une interview de Roland Barthes au lendemain de la publication du Plaisir du texte (1973). Document d’archives ina.fr
Anamnèse du lait
Système de la mode





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Une réponse à “Roland Barthes | Texte de plaisir | texte de jouissance”

  1. Nadine Manzagol

    A cette limite, la parole d’Antonin Artaud interpelle encore :

    « Et s’il est encore quelque chose d’infernal et de véritablement maudit dans ce temps, c’est de s’attarder artistiquement sur des formes, au lieu d’être comme des suppliciés que l’on brûle et qui font des signes sur leur bûcher ».

    Est pervers celui qui consciemment veut la folie, la schize de l’autre pour en jouir.

    Or, il se trouve que cette perte d’identité, cette crise du sujet parlant est à la source de l’écriture, son point de nescience, son souffle même.

    La pensée infiniment lucide et humaine de Roland Barthes n’ignore pas cette problématique.

    D’où aussi le tourment de certains artistes, certains auteurs qui se sont consumés ou détruits à cette révélation des inconciliables, à ces écritures ou ces expériences du franchissement et de la limite ?
    Je pense ici à Jean Noël Vuarnet qui s’est tant soucié de la jouissance féminine des mystiques (ce continent noir). Il écrivait : « Qui court après les ombres se prendra aux ombres. » Il se tua en se défenestrant.

    C’est dire que la question est complexe…

    Amicizia

    Nadine

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