TDF - La revue de poésie et de critique d'Angèle Paoli

Terres
de Femmes

James Sacré | Compagnie de l’animal poème

Publié le :

25 juin 2026

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       (Ronde un enfant y passe et marche dans le sourire (lèvres et cœur
chauds) d’une Hélène. Il y a un gros arbre un préau. Le temps de l’été est
une musique un toit rouge. La douceur infinie de ce visage est devenue la
lumière du tilleul.)

       (Il n’y a rien autour au centre de cet amour (cheveux, prénom d’Hélène,
cartable et tilleul sur la route) je n’y peux rien chercher mais soudain la
présence du bleu est évidente et peut-être que le cœur veut mourir ; le sexe
est un peu d’herbe.)

      Licorne serait-elle blanche
      Et où ? il y a le château
      Renaissance et le parc
      Des arbres je l’entends venir
      Sur les graviers les pelouses
      Serait-elle seule ? visage elle
      porte un animal dans ses yeux
      Un poème de Rilke elle a
      Dans le sexe une neige
      Et le feu rouge des roses.

      Licorne serait-elle blanche et où ?
      Il y a le château renaissance et
      Le parc des arbres je l’entends
      Venir sur les graviers les
      Pelouses serait-elle seule ?
      Visage porte-t-elle
      Un animal dans son sexe un ange ?
      Elle a dans les yeux
      Une neige et le feu rouge des roses.

      Nul chemin facile (explication, parole fragile) pour joindre un poème ;
c’est de l’espace qu’il faut puisque j’arrive en ce lieu (branches et langage)
à mon insu. Et cependant pas d’ailes. Mais où le lieu ? Quel poème dans le
désir d’un chemin qui serait l’espace ? Un chemin qui est une infinie prairie.

      Le bonheur : un livre est pris dans l’ordre strict d’un rayon de
bibliothèque ; une maison blanche est dans un jardin ; le temps aujourd’hui
est celui d’un hiver précoce : une brouette aère sa forme à travers les fram-
boisiers sans feuille ; l’énumération des mots ici fabrique (patience) un
livre ; – le cœur soudain n’interrogeait rien ; un poème a prétendu dire :
bonheur ; mais la dérision (rouge et malheur) dès que le cœur l’entend.

      Une pelouse (vert propre, saison signalée bruit de tondeuse au
printemps) rêve qu’elle contient la souplesse, le mouvement des prairies
pourrait-elle partir avec un cheval envahir mettre une campagne un ciel
en désordre… elle ramasse après des chardons du foin laissé au bord de
ses buissons. Silence. Mais la pelouse rêve-t-elle ? (Vert égal, saison morte
bruit de tondeuse pour quel paradis ?)

       Licorne elle serait
       Blanche et là il y a
       Le château renaissance un parc
       Je l’entends venir sur les graviers je vois les arbres
       La pelouse elle sera seule
       Visage elle porte
       Un animal dans ses yeux un ange
       Elle a dans le sexe une rose rouge
       Et le feu de la neige.

James Sacré, « Animaux » in Compagnie de l’animal poème, Avec un frontispice de Claude Viallat, Éditions Fario 2025,pp.67,68,69.

 

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IMGPh. Angèle Paoli

       « Nul chemin facile (explication, parole fragile) pour joindre un poème ;
c’est de l’espace qu’il faut puisque j’arrive en ce lieu (branches et langage)
à mon insu.  »                            

 

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