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(Ronde un enfant y passe et marche dans le sourire (lèvres et cœur
chauds) d’une Hélène. Il y a un gros arbre un préau. Le temps de l’été est
une musique un toit rouge. La douceur infinie de ce visage est devenue la
lumière du tilleul.)
(Il n’y a rien autour au centre de cet amour (cheveux, prénom d’Hélène,
cartable et tilleul sur la route) je n’y peux rien chercher mais soudain la
présence du bleu est évidente et peut-être que le cœur veut mourir ; le sexe
est un peu d’herbe.)
Licorne serait-elle blanche
Et où ? il y a le château
Renaissance et le parc
Des arbres je l’entends venir
Sur les graviers les pelouses
Serait-elle seule ? visage elle
porte un animal dans ses yeux
Un poème de Rilke elle a
Dans le sexe une neige
Et le feu rouge des roses.
Licorne serait-elle blanche et où ?
Il y a le château renaissance et
Le parc des arbres je l’entends
Venir sur les graviers les
Pelouses serait-elle seule ?
Visage porte-t-elle
Un animal dans son sexe un ange ?
Elle a dans les yeux
Une neige et le feu rouge des roses.
Nul chemin facile (explication, parole fragile) pour joindre un poème ;
c’est de l’espace qu’il faut puisque j’arrive en ce lieu (branches et langage)
à mon insu. Et cependant pas d’ailes. Mais où le lieu ? Quel poème dans le
désir d’un chemin qui serait l’espace ? Un chemin qui est une infinie prairie.
Le bonheur : un livre est pris dans l’ordre strict d’un rayon de
bibliothèque ; une maison blanche est dans un jardin ; le temps aujourd’hui
est celui d’un hiver précoce : une brouette aère sa forme à travers les fram-
boisiers sans feuille ; l’énumération des mots ici fabrique (patience) un
livre ; – le cœur soudain n’interrogeait rien ; un poème a prétendu dire :
bonheur ; mais la dérision (rouge et malheur) dès que le cœur l’entend.
Une pelouse (vert propre, saison signalée bruit de tondeuse au
printemps) rêve qu’elle contient la souplesse, le mouvement des prairies
pourrait-elle partir avec un cheval envahir mettre une campagne un ciel
en désordre… elle ramasse après des chardons du foin laissé au bord de
ses buissons. Silence. Mais la pelouse rêve-t-elle ? (Vert égal, saison morte
bruit de tondeuse pour quel paradis ?)
Licorne elle serait
Blanche et là il y a
Le château renaissance un parc
Je l’entends venir sur les graviers je vois les arbres
La pelouse elle sera seule
Visage elle porte
Un animal dans ses yeux un ange
Elle a dans le sexe une rose rouge
Et le feu de la neige.
James Sacré, « Animaux » in Compagnie de l’animal poème, Avec un frontispice de Claude Viallat, Éditions Fario 2025,pp.67,68,69.
Frontispice©Claude Viallat
Ph. Angèle Paoli
« Nul chemin facile (explication, parole fragile) pour joindre un poème ;
c’est de l’espace qu’il faut puisque j’arrive en ce lieu (branches et langage)
à mon insu. »
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