TDF - La revue de poésie et de critique d'Angèle Paoli

Terres
de Femmes

Antonella Anedda | Historiae | Traduit de l’italien par Marie Fabre & Sylvie Fabre G.

Publié le :

07 juillet 2025

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Catégorie(s) :

<<Poésie d'un jour

Antonella aneda

Antonella Anedda / source

3.

Allor soffiò il tronco forte, e poi
si convertí quel vento in cotal voce.
DANTE, Inferno, XIII, 91-92

Era lei, nel vapore salito dai cespugli ?
La chiamai pur sapendo anche io come tanti
che la risposta sarebbe stata il silenzio,
eppure emisi un suono
percependo nella mite pazzia di quel richiamo
il lembo di una stoffa, l’orlo di un gomito, la pelle.
Due volte strinsi a vuoto il suo nulla
due volte mi abbracciai
finché mi vinse il freddo. Rientravo nel vestibolo
ingombro di cappotti, di stivali infangati. Dalla cucina
veniva lo scroscio dei piatti nel lavabo,
tutto imponeva di scacciarla,
dettava le regole dei vivi
nell’odore del cibo sopra il fuoco.
« Non era lei » – mi dissi- « ma una falce di nube
che correva in alto a lato dell aluna ».

Antonella Anedda, Historiae, Giulio Einaudi Editore 2018, p.50.

Hist

3.

Alors le tronc souffla fort et ce souffle
se convertit en une voix sonore
DANTE, Enfer, XIII, 91-92*

Était-ce elle, dans la vapeur qui montait des buissons ?
Je l’appelai tout en sachant moi aussi comme tant d’autres
que la réponse serait le silence,
et néanmoins j’émis un son
percevant dans la douce folie de cet appel
le bout d’un tissu, le bord d’un coude, la peau.
Deux fois je serrai à vide son néant
deux fois je n’embrassai que moi
jusqu’à ce que le froid me transperce. Je rentrais dans le couloir
encombré de manteaux, de bottes boueuses. De la cuisine
arrivait le bruit des assiettes dans l’évier,
tout obligeait à la chasser,
dictait les règles des vivants
dans l’odeur de la nourriture sur le feu.
« Ce n’était pas elle – me dis-je- mais un croissant de nuage
qui courait là-haut du côté de la lune. »

*Dans la traduction de Michel Orcel, La Dogana, Genève, 2018.

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Antonella Anedda, HISTORIAE, traduit de l’italien par Marie Fabre et Sylvie Fabre G., Æncrages &Co 2025, p.58.


ANTONELLA ANEDDA

Antonella Anedda
Source

Pour écouter la voix d’Antonella Anedda disant à voix haute le poème ci-dessus, cliquer ICI. [Source : site berlinois lyrikline].

■ Antonella Anedda
sur Terres de femmes

Historiae, Giulio Einaudi Editore 2018

février, nuit
mars, nuit
mai, nuit
octobre, nuit
novembre, nuit
13 décembre **** | Fête de sainte Lucie (décembre, nuit)
Archipel
Le dit de l’abandon
Frontières (extrait d’Historiae)
Per un nuovo inverno
Ritagliare
S
11 septembre 2001
10 février 2013 | Antonella Anedda, Senza nome. Sartiglia (extrait de Salva con nome)
→ (dans l’anthologie poétique Terres de femmes) Salva con nome
→ (dans la Galerie « Visages de femmes ») le portrait d' Antonella Anedda (+ deux poèmes extraits de Nomi distanti et de Notti di pace occidentale)

■ Voir aussi ▼

les pages que le site Italian Poetry a consacrées à Antonella Anedda
→ (sur Poetry International Web) un dossier Antonella Anedda
→ (sur Niederngasse 16, janvier-mars 2006) un entretien (en italien) avec Antonella Anedda
→ (sur Her circle ezine) Antonella Anedda: Encounters with Silence, the Page, and the World (7 mars 2008)
→ (sur La dimora del tempo sospeso) de longs extraits (en italien) des différents recueils d'Antonella Anedda
→ (sur books.google.com) d'autres larges extraits de Notti di pace occidentale
→ (sur Progetto Babele) une interview (en italien) d'Antonella Anedda par
Pietro Pancamo

■ Voir | écouter ▼

→ (sur le site de la Bibliothèque municipale de Lyon) conférence autour d'Antonella Anedda, Entre racine et lame, organisée dans le cadre du Printemps des poètes 2010, animée par Angèle Paoli et Marc Porcu
→ (sur Lyrikline) plusieurs poèmes extraits de Residenze invernali, de Notti di pace occidentale et de Salva con nome, dits par Antonella Anedda

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