TDF - La revue de poésie et de critique d'Angèle Paoli

Terres
de Femmes

10 février 2013 | Antonella Anedda | Senza nome. Sartiglia

Publié le :

10 février 2013

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Catégorie(s) :

Éphéméride culturelle à rebours





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SENZA NOME. SARTIGLIA


A Oristano, sulla costa occidentale della Sardegna oltre la quale c’è solo la Spagna, il martedì di Carnevale si tiene uno dei riti più antichi dell’isola : Sa Sartiglia. Un uomo chiamato « su Componidori » viene vestito da tre donne che gli applicano sul viso una maschera di legno senza nessuna caratteristica: liscia, bianca e androgina. E’una maschera che annulla l’identità del singolo e non ha espressione. Almeno fino a pochissimo tempo fa, lo stesso nome della persona che avrebbe rivestito il ruolo del Componidori era segreto. Il Componidori dunque non ha sesso, non ha età, non ha nome. Il suo compito è guidare i cavalieri del suo gruppo, del suo gremio, tutti ugualmente mascherati in una corsa che ha come fine quello di infilzare con la lancia una stella, in spagnolo sartiglia, sospesa a un filo sottile.
La vestizione si svolge nel più assoluto silenzio. Una volta finita, il corpo del Componidori non può più toccare terra. Sale a cavallo direttamente da un tavolo che è quasi un altare chiamato « sa mesida ». Da quel momento non dovrà più mettere piede a terra. Per non cadere, per combattere la paura e l’impotenza, farà affidamento solo sulla forza delle gambe. Vivrà come in sogno diventando tutti gli uomini e le donne che è stato e i cui nomi si confondono fino a essere perduti.


Antonella Anedda, “Aria” in Salva con nome, Poesia, Arnoldo Mondadori Editore, Collana Lo Specchio, Milano, 2012, pagina 11.







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SANS NOM. SARTIGLIA




Le mardi de Carnaval, à Oristano, sur la côte ouest de la Sardaigne au-delà de laquelle il n’y a plus que l’Espagne, se déroule l’un des plus anciens rituels de l’île : Sa Sartiglia. Un homme, que l’on nomme « su Componidori », est habillé par trois femmes qui posent sur son visage un masque en bois sans traits caractéristiques : lisse, blanc et androgyne. C’est un masque dénué d’expression qui gomme l’identité de celui qui le porte. Jusqu’à une période encore récente, le nom même de celui qui devait jouer le rôle du Componidori était gardé secret. Le Componidori n’a ni sexe, ni âge, ni nom. Son rôle est de diriger les cavaliers de son groupe, de sa corporation, tous également masqués, dans une course dont le but est de transpercer d’une lance une étoile (en espagnol sartiglia) suspendue à un fil très fin.
La cérémonie de l’habillage a lieu dans le silence le plus absolu. Une fois l’habillage terminé, le Componidori n’a plus le droit de toucher le sol. Il monte sur son cheval depuis une table qui ressemble à un autel, appelée « sa mesida ». À partir de cet instant, il ne lui est plus permis de mettre pied à terre. Pour ne pas tomber et pour combattre la peur et la défaillance, il ne devra compter que sur la force de ses jambes. Il vivra comme dans un rêve, incarnant tous les hommes et les femmes qu’il a été et dont les noms se confondent jusqu’à totale disparition.


D.R. Traduction inédite d’Angèle Paoli



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NOTE d’AP : cette année, Sa Sartiglia d’Oristano se déroule du 10 au 12 février.







ANTONELLA ANEDDA


Antonella Anedda
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■ Antonella Anedda
sur Terres de femmes

février, nuit
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13 décembre **** | Fête de sainte Lucie (décembre, nuit)
Archipel
Avant l’heure du dîner (+ notice bio-bibliographique)
Le dit de l’abandon
Frontières (extrait d’Historiae)
Per un nuovo inverno
Ritagliare
S
11 septembre 2001
→ (dans l’anthologie poétique Terres de femmes)
un autre extrait de Salva con nome
→ (dans la Galerie « Visages de femmes »)
le portrait d’Antonella Anedda (+ deux poèmes extraits de Nomi distanti et de Notti di pace occidentale)



■ Voir aussi ▼

les pages que le site Italian Poetry a consacrées à Antonella Anedda
→ (sur Poetry International Web)
un dossier Antonella Anedda
→ (sur Niederngasse 16, janvier-mars 2006) un entretien (en italien) avec Antonella Anedda
→ (sur Her circle ezine)
Antonella Anedda : Encounters with Silence, the Page, and the World (7 mars 2008)
→ (sur La dimora del tempo sospeso)
de longs extraits (en italien) des différents recueils d’Antonella Anedda
→ (sur books.google.com)
d’autres larges extraits de Notti di pace occidentale
→ (sur Progetto Babele) une interview (en italien) d’
Antonella Anedda par Pietro Pancamo
→ (sur Une autre poésie italienne, le poéblog de CIRCE)
plusieurs poèmes d’Antonella Anedda traduits en français



■ Voir | écouter ▼

→ (sur Lyrikline)
plusieurs poèmes extraits de Residenze invernali, de Notti di pace occidentale et de Salva con nome, dits par Antonella Anedda






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Une réponse à “10 février 2013 | Antonella Anedda | Senza nome. Sartiglia”

  1. christiane

    Quel mystérieux rituel…
    « Il vivra comme dans un rêve, incarnant tous les hommes et les femmes qu’il a été et dont les noms se confondent jusqu’à totale disparition. »
    Fascinant…

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