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[TU DIS C’EST L’HEURE JAUNE]
tu dis c’est l’heure jaune cette coulée au revers des nuages car là s’insinuent les ombres plates d’une promesse – cette antienne – prélude pour l’attente dans les alvéoles de ton silence en cette fin d’après-midi – ton silence ingéré – l’attente s’y lasse tu dis c’est ainsi que vienne l’heure – l’eau jaune oindre la silhouette attentiste des hortensias rose sous la ruée d’or gris l’heure grosse – penses-tu – et c’est le jaune de l’heure que tu cherches à renouer aux heures antérieures les bottes cerise – la robe vichy la parka cirée qui luit les flaques égratignées de boues sur la commissure tant et tant de miroirs pour ce ciel tant d’arbres dédoublés dans leurs cris leurs bras jetés comme des brasiers de tendre à t’arracher l’amour de la gorge l’amour prescient des enfants de l’orage jaune un peu trouble tu ajoutes, l’heure est un peu trouble mais si paisible avant les trombes obliques qui bientôt strieront le portrait de l’enfance oscillant là à mi-hauteur entre glaise et braise de cet air gommé des soirs tu souris à l’épreuve ce jaune c’est l’éternité qui s’attarde un instant alors la nuit couche son bec dans l’herbe sa nuque requiert du moindre la rose et le mystère Florence Noël, Solombre, Le Taillis Pré, 6200 Châtelineau, Belgique, 2019, pp. 49-51. Frontispice de Pierre Gaudu.
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| FLORENCE NOËL
→ Sarabande (extrait de Branche d’acacia brassée par le vent) → Solombre (lecture d’AP) → L’Étrangère (lecture d’AP) → [parler de soi] (poème extrait de L’Étrangère) → Initiation au crépuscule → [Donnez-nous des pierres] (Vases communicants) → (dans l’anthologie poétique Terres de femmes) autant revivre en mon jardin ■ Voir aussi ▼ → le site de Pierre Gaudu |
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