TDF - La revue de poésie et de critique d'Angèle Paoli

Terres
de Femmes

Dominique Sorrente | Écueils

Publié le :

13 juin 2011

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Catégorie(s) :



Milan royal en vol
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ÉCUEILS



Ouest

En plein vent,
presque rien qui suffise
à l’exercice de l’oiseau.



Sud-Ouest

L’anxiété veille sous l’icône
tandis que s’efface peu à peu
la pensée vieille, l’immobile
dans une odeur de bougie.



Sud

Sur les lèvres de la faille,
où chacun, seul, a son refuge,
son oubli.



Sud-Est

D’un autre côté,
ce soir, sans faute,
à la croisée des routes.



Nord

Habite ceux
que tu ignores.
Maintiens en haute mer
la barre obscure.



Nord-Ouest

L’oiseau de l’île voit
ce qui vient de la terre,
l’herbe perdue entoure
le ciel.




Dominique Sorrente, Pays sous les continents, un itinéraire poétique, 1978-2008, Éditions MLD, 2009, pp. 73-74. Préface de Jean-Marie Berthier.




Note d’AP : Dominique Sorrente est lauréat du Prix Georges-Perros 2011 pour son recueil Pays sous les continents.





DOMINIQUE SORRENTE


Domnique_sorrente
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■ Dominique Sorrente
sur Terres de femmes

[À défaut de livre, au moins cette promesse de poème] (poème extrait d’Il y a de l’innocence dans l’air)
C’est bien ici la terre (note de lecture de Laurence Verrey)
C’est la terre
J’écris comme on décide par fragments
[je suis celle qui se voue à la flamme]
Je t’envoie ma chanson des jours bleus
Le temps sans rideaux
[L’humeur est passe-partout] (extrait de Tu dis : rejoindre le fleuve)
Pays sous les continents
[Les rideaux] (extrait des Gens comme ça va)
Le Scriptorium | Portrait de groupe en poésie



■ Voir aussi ▼

→ (sur Publie.net)
Dominique Sorrente | Pays sous les continents
→ (sur Poezibao)
un autoportrait de Dominique Sorrente
→ (sur le site du Scriptorium de Marseille)
un Portrait de Dominique Sorrente



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2 réponses à “Dominique Sorrente | Écueils”

  1. le dantec denise

    J’aime bien ces haïku d’oiseaux

  2. Delivré

    Dans les cardinaux de Dominique Sorrente, chacun de nous peut reparcourir ses propres mythes. Je veux dire, on grandit tous avec des préjugés géographiques, des amours inexpliqués. Moi par exemple, l’Europe centrale m’a toujours fascinée. Je veux encore aujourd’hui descendre le Danube, à pied, à cheval, en bateau, en auto stop, en charrette, de la source à la fin (je ne l’ai jamais fait, mais je le ferai, aussi sur que le nord est au nord): j’ai vécu à Vienne plus de trois ans, mais ce parcours, que je me promets être un moment qui ne serait que pour moi avec le monde, sera une marche en arrière, une révélation.

    Les hasards et les rencontres m’ont menée en Amérique du Sud, ou en Afrique du Nord. Mais rien n’y fait: c’est le Danube!

    Etrangement, c’est ce que je lis dans Sorrente : une carte de sa vie, ses cardinaux. L’ouest, son miroir, le nord obscur qu’il ignore et qu’il craint, l’est, cet autre qu’il croise, le sud, ce jeune recueillement, et lui-même, cette vieille Europe qui se consume comme une bougie, cet Illuminismo qui se croit seule lumière!

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