TDF - La revue de poésie et de critique d'Angèle Paoli

Terres
de Femmes

19 novembre 1921 | Marina Tsvétaïeva

Publié le :

19 novembre 2007

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Catégorie(s) :

Éphéméride culturelle à rebours



Elle_ne_pleure_pas_ne_gmit_pas
Ph., G.AdC







MUSE



Ni chartes, ni ancêtres,
Ni faucon clair. Elle
Marche ― elle s’ouvre, ―
Lointaine

Sous les paupières sombres ―
L’incendie aux ailes d’or.
De sa main, halée par le vent,
Elle a pris, elle a oublié.

Le bas de sa robe non retroussée,
Sarcasme, qui se fâche,
Ni bonne ni méchante,
L’une et l’autre, lointaine.

Elle ne pleure pas, ne gémit pas :
― Il tire très fort, il est gentil ! ―
De sa main, halée par le vent,
Elle a donné, elle a oublié.

Elle a oublié ― ricanements
De gorge et de cris d’oiseaux…
― Dieu, garde-la,
Si lointaine ! »

19 novembre 1921




Marina Tsvétaïeva, « Muse », Pour Maïakovski, in L’Offense lyrique et autres poèmes, Éditions Farrago/Éditions Léo Scheer, 2004, page 195.





MARINA TSVÉTAÏEVA


MarinaTtsvetaeva
Source



■ Marina Tsvétaïeva
sur Terres de femmes

20 décembre 1915
27 avril 1916 | Poèmes à Blok, 1
21 juillet 1916 | Lettre de Marina Tsvétaïeva
14 août 1918
5 décembre 1921, Amazones
31 août 1941 | Vénus Khoury-Ghata, Marina Tsvétaïeva, mourir à Elabouga
[Bras ployés au-dessus de la tête]
Cessez de m’aimer
J’aimerais vivre avec vous



■ Voir aussi ▼

le site Marina Tsvetaeva




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Une réponse à “19 novembre 1921 | Marina Tsvétaïeva”

  1. Serge Venturini

    NE DAIGNE

    La mer blanchit, siècle d’exil, l’air en fureur,
    en toi, je parle, le plus ardent, tout ce qui fut,
    Marina, je t’appelle, mon frère aussi, ma sœur,
    en moi, ta voix chanta, vois-tu, ce qui n’est plus.

    Errante, abandonnée, petite sorcière, tu hantes.
    Tout, ― tu sacrifiais tout, ― à la poésie,
    tantôt glace fracassante et tantôt braise brûlante.
    Je n’entends plus ta voix stridente de frénésie.

    Reine Akhmatova, est-elle toujours la plus belle ?
    Tu parles avec Ossip, Reinecke et Boris,
    les anges du Paradis te frôlent de leurs douces ailes.
    Sache-le ! Ta parole sur les cimes d’envol nous hisse.

    ― Tsvétaïéva ? Connais pas… Le pays maudit !
    Une femme seulette face à la meute des loups sanglants.
    « Inutile », « impossible », ― Marina la bannie !
    Debout dans l’incendie. Comme un sorbier vivant.

    Sœur d’Antigone, dans le grand désordre des choses,
    vampire, pour les uns, hérétique, pour les autres,
    âme si vaillante, aimante de la beauté déclose,
    ton ultime parole fut peut-être jetée « Contre ! »

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