TDF - La revue de poésie et de critique d'Angèle Paoli

Terres
de Femmes

Pablo Neruda | Me gustas

Publié le :

10 novembre 2007

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Catégorie(s) :

« Poésie d’un jour »



Tu_ressembles_au_mot_mlancolie
Ph., G.AdC






ME GUSTAS


XV


Me gustas cuando callas porque estás como ausente,
y me oyes desde lejos, y mi voz no te toca.
Parece que los ojos se te hubieran volado
Y parece que un beso te cerrara la boca.

Como todas las cosas están llenas de mi alma
Emerges de las cosas, llena del alma mía.
Mariposa de sueño, te pareces a mi alma,
Y te pareces a la palabra melancolίa.

Me gustas cuando callas y estás como distante.
Y estás como quejándote, mariposa en arrullo.
Y me oyes desde lejos, y mi voz no te alcanza :
Déjame que me calle con el silencio tuyo.

Déjame que te hable también con tu silencio
claro como una lámpara, simple como un anillo.
Eres como la noche, callada y constelada.
Tu silencio es de estrella, tan lejano y sencillo.

Me gustas cuando callas porque estás como ausente.
Distante y dolorosa como si hubieras muerto.
Una palabra entonces, una sonrisa bastan.
Y estoy alegre, alegre de que no sea cierto.





TU ME PLAIS


XV


Tu me plais quand tu te tais car tu es comme absente,
et tu m’entends de loin, et ma voix point ne te touche.
On dirait que tes yeux se sont envolés
et on dirait qu’un baiser t’aurait scellé la bouche.

Comme toutes les choses sont emplies de mon âme
tu émerges des choses, de toute mon âme emplie.
Papillon de songe, tu ressembles à mon âme,
et tu ressembles au mot mélancolie.

Tu me plais quand tu te tais et sembles distante.
Et tu sembles gémir, papillon dans la berceuse.
Et tu m’entends de loin, et ma voix ne t’atteint pas :
laisse-moi me taire avec ton silence.

Laisse-moi aussi te parler avec ton silence
clair comme une lampe, simple comme un anneau.
Tu es comme la nuit, muette et constellée.
Ton silence est d’étoile, si lointain et simple.

Tu me plais quand tu te tais car tu es comme absente.
Distante et endolorie comme si tu étais morte.
Un mot alors, un sourire suffisent.
Et la joie que ce ne soit pas vrai, la joie m’emporte.


Pablo Neruda, Vingt poèmes d’amour et une chanson désespérée suivi de Les Vers du capitaine, Gallimard, Collection Poésie, pp. 66-67. Edition bilingue. Traduction de Claude Couffon et Christian Rinderknecht.





PABLO NERUDA


Neruda


Il est possible d’écouter le poème « Me gustas » (dit par Pablo Neruda) en cliquant
ICI [Source]



■ Pablo Neruda
sur Terres de femmes

12 juillet 1904 | Naissance de Pablo Neruda
L’insecte
Le potier
Le vent dans l’île



■ Voir aussi ▼

→ (sur le site Nobelprize.org) une
notice bio-bibliographique sur Pablo Neruda et le Discours prononcé à Stockholm (en espagnol) à l’occasion de la remise du Prix Nobel (10 décembre 1971)





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5 réponses à “Pablo Neruda | Me gustas”

  1. agnès

    Ce poème vient illustrer ma lecture actuelle, l’autobiographie de Neruda J’avoue que j’ai vécu. Et de plus, il me plaît !

    Bises Angèle !

  2. Comme nos esprits se rencontrent, Agnès, au-delà des silences. As-tu écouté ce poème en espagnol ?
    Amicizia
    Angèle

  3. agnès

    Non, je ne l’ai pas écouté… Impossible de faire fonctionner !
    A bientôt, bises !

  4. =>Agnès
    Le document audio est un fichier ram. Pour l’écouter, il faut avoir préalablement installé le logiciel (RealPlayer) qui permet de lire les documents de ce format.
    Amicizia

  5. escorts

    Terres de femmes es excelente. Hay a menudo toda la información correspondiente a las sugerencias de mis dedos. Gracias y mantener el trabajo superior!

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