TDF - La revue de poésie et de critique d'Angèle Paoli

Terres
de Femmes

Pablo Neruda | Le potier

Publié le :

25 mai 2005

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Catégorie(s) :

« Poésie d’un jour »



Ensemble_nous_sommes_un_tout_comme_lest_
Ph., G.AdC






EL ALFARERO



Todo tu cuerpo tiene
copa o dulzura destinada a mí.

Cuando subo la mano
encuentro en cada sitio una paloma
que me buscaba, como
si te hubieran, amor, hecho de arcilla
para mis propias manos de alfarero.

Tus rodillas, tus senos,
tu cintura
faltan en mí como en el hueco
de una tierra sedienta
de la que desprendieron
una forma,
y juntos
somos completos como un solo río,
como una sola arena.







LE POTIER



Ton corps entier possède
la coupe ou la douceur qui me sont destinées.

Quand je lève la main
je trouve en chaque endroit une colombe
qui me cherchait
comme si, mon amour, d’argile on t’avait faite
pour mes mains de potier.

Tes genoux, tes seins
et tes hanches
me manquent comme au creux
d’une terre assoiffée
d’où l’on a détaché
une forme,
et ensemble
nous sommes un tout comme l’est un fleuve
ou comme le sable.




Pablo Neruda, Vingt poèmes d’amour et une chanson désespérée, Gallimard, Collection Poésie, 1998, pages 118-199.





■ Pablo Neruda
sur Terres de femmes

12 juillet 1904 | Naissance de Pablo Neruda
L’insecte
Le vent dans l’île
Me gustas



■ Voir aussi ▼

→ (sur le site Nobelprize.org) une
notice bio-bibliographique sur Pablo Neruda et le Discours prononcé à Stockholm (en espagnol) à l’occasion de la remise du Prix Nobel (10 décembre 1971)





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Une réponse à “Pablo Neruda | Le potier”

  1. M.P.

    Ce que dit le réel…

    Que faire de ce corps
    En rupture de ban ?
    Vivre le jour comme une amande ?
    S’apprendre pour ne pas renoncer ?

    Se lancer un défi,
    L’esprit à nu,
    La chair à vif,
    En une ivresse de sursis.

    La mémoire
    Puissance illusoire,
    Rature des bords de mer.

    Soudain l’inexplicable,
    Le coeur en silence,
    Les mains apaisées.
    Autour, la vie,
    En soi, le projet
    Qui prend corps,
    Existe,
    Fort comme un centre.

    Ce que dit le réel
    Ne s’imite jamais.

    Jacques Imbert,
    Ce qui au dehors se divise et s’étend,
    Editions Jacques Bremond,1991, p.50.

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