TDF - La revue de poésie et de critique d'Angèle Paoli

Terres
de Femmes

Agnès Schnell | Il y a des jours comme ça

Publié le :

28 avril 2007

/

Catégorie(s) :

« Poésie d’un jour »



Attendre_ptrifie_immobile_parmi_les
Ph., G.AdC








IL Y A DES JOURS COMME ÇA



Il y a des jours
comme ça
où rien ne vient.


On attend le poème
le chant pur
qui naîtrait
dans le silence mordant.
On attend le frisson
à nos pulsations agrippé
ou terré plus loin
quand la parole
échappe.


On attend le souffle
le balbutiement
la note perdue
la voix vagabondant
en équilibre
entre deux mondes.


On attend le silence
l’écriture du silence
ou son illusion.
On aimerait être proche
de l’immense.
La rage au cœur
on attend l’espace étroit.


Un rythme alterne
force à s’immobiliser
à dériver
ancrage raté
entre les racines et la terre
griffures au-dedans
harpon de colère
rouge tapageur envahissant
rouge cris meurtrissures
rouge naufrage.


Se taire soudain
refuser le poème
et les mots envahisseurs
refuser la fièvre
attendre genoux fermés
le flux d’une marée froide
attendre pétrifiée
immobile parmi les pierres.


Il y a des nuits comme ça
où rien n’est conçu
mais où l’on continue
quand même vers l’avant…
par désespoir
par dérision
par crainte
peut-être.




Agnès Schnell, poème inédit, 31 mai 2005
© agnès schnell





■ Agnès Schnell
sur Terres de femmes

[En apparence rien n’a changé] (extrait d’En filigrane, l’Ardenne…)
[Un cri vrille] (autre poème extrait d’En filigrane, l’Ardenne…)
→ (dans l’anthologie poétique Terres de femmes)
Présences





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5 réponses à “Agnès Schnell | Il y a des jours comme ça”

  1. c’est beau et si vrai, tout simplement, ça fait du bien, et tant derrière les mots qui se cachent, comme inversée, une vie quoi …

  2. nobody

    Simplement : merci Angèle !

  3. Venturini

    L’ennui et la routine, le goût du néant et le nihilisme avec ses nombreux avatars, les habitudes assommantes qui entravent l’esprit, tout cela ne peut nous entamer.
    D’un revers majuscule de la main, – poubelle !

    J’aime ce mot d’un poète-philosophe :

    Un poète se remarque à la quantité de pages insignifiantes qu’il n’écrit pas. Il a toutes les rues de la vie oublieuse pour distribuer ses moyennes aumônes et cracher le petit sang dont il ne meurt pas.

    René Char

  4. de temps en temps je viens te trouver et je vole un poète…
    (Agnès Schnell, dans ce cas):

    Buon primo maggio !

    Blumy

  5. Des mots qui se pausent, reposent, alertes à la main déposées, sans non, sans jamais que l’on soit même tenté de penser à une surdose. Un poète n’est pas sur, n’est pas dessous, non il est dans. Bises Agnès. Bon choix comme d’habitude Angèle.

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