![]() Ph., G.AdC IL Y A DES JOURS COMME ÇA Il y a des jours comme ça où rien ne vient. On attend le poème le chant pur qui naîtrait dans le silence mordant. On attend le frisson à nos pulsations agrippé ou terré plus loin quand la parole échappe. On attend le souffle le balbutiement la note perdue la voix vagabondant en équilibre entre deux mondes. On attend le silence l’écriture du silence ou son illusion. On aimerait être proche de l’immense. La rage au cœur on attend l’espace étroit. Un rythme alterne force à s’immobiliser à dériver ancrage raté entre les racines et la terre griffures au-dedans harpon de colère rouge tapageur envahissant rouge cris meurtrissures rouge naufrage. Se taire soudain refuser le poème et les mots envahisseurs refuser la fièvre attendre genoux fermés le flux d’une marée froide attendre pétrifiée immobile parmi les pierres. Il y a des nuits comme ça où rien n’est conçu mais où l’on continue quand même vers l’avant… par désespoir par dérision par crainte peut-être. Agnès Schnell, poème inédit, 31 mai 2005 © agnès schnell |
| ■ Agnès Schnell sur Terres de femmes ▼ → [En apparence rien n’a changé] (extrait d’En filigrane, l’Ardenne…) → [Un cri vrille] (autre poème extrait d’En filigrane, l’Ardenne…) → (dans l’anthologie poétique Terres de femmes) Présences |
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