TDF - La revue de poésie et de critique d'Angèle Paoli

Terres
de Femmes

Antonio Gamoneda | Géologie

Publié le :

22 février 2007

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Catégorie(s) :

« Poésie d’un jour »



Geologia_cinarchesa
Ph., G.AdC






GÉOLOGIE



Parfois je pars vers les montagnes
pour regarder au loin.

Je marche sur des coteaux où la vieille terre
se fait belle au soleil et je vois
monter l’ombre sur les collines.
Et j’avance
très longtemps en silence.



Mais il y a des jours où je marche sur ces coteaux,
je regarde vers les montagnes,
et même là, pas de liberté.

Et je rentre. Je sais bien qu’il est inutile
de la chercher comme une clé perdue,
et qu’il est tout aussi inutile
de regarder dans le fond de mon cœur.






GEOLOGÍA



Algunas veces salgo hacia las montañas
a mirar a lo hejos.

Piso unas lomas donde tierra vieja
se pone hermosa con el sol y veo
subir la sombra por los cuestos.
Ando
mucho tiempo en silencio.



Pero hay días que ando por estas lomas,
y miro hacia las montañas,
y ni allí hay libertad.

Y me vuelvo. Yo sé bien que es inútil
buscarla como a una llave perdida,
y que tambien es inútil
mirar al fondo de mi corazón.



Antonio Gamoneda, Blues castillan [Blues castellano, 1982], Éditions Corti, Collection Ibériques, 2004, pp. 48-49. Traduction de Jacques Ancet. Préface de Yvon Le Men. Postface de Antonio Gamoneda.






ANTONIO GAMONEDA


Antonio Gamoneda
Source



■ Antonio Gamoneda
sur Terres de femmes

Cecilia (lecture d’AP)
Entra en tu madre (poème extrait de Cecilia + notice bio-bibliographique)
La lumière bout derrière mes paupières (poème extrait d’Arden las pérdidas [Clarté sans repos])
Quand tu éclaires mes yeux (poème extrait de Chanson de l’erreur)



■ Voir aussi ▼

→ (sur P/oésie, le Blog d’Alain Freixe)
Clarté sans repos d’Antonio Gamoneda
→ (sur librodenotas.com) une
page spéciale consacrée à Antonio Gamoneda (dont un poème inédit dit par Gamoneda)






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3 réponses à “Antonio Gamoneda | Géologie”

  1. clem

    La clé de la liberté n’est pas perdue
    Dis-le à celui qui marche vers la montagne
    Elle est là quelque part en lui,
    Dans le silence, un soir il la trouvera
    S’il la cherche à travers la montagne
    C’est peut-être qu’il a déjà la clé
    Au fond de lui, à l’endroit où il n’a
    Plus cherché,
    La clé de la liberté n’est pas perdue
    Dis-le à celui qui se fatigue dans les coteaux arides
    Du soir d’été
    Dis-lui qu’il regarde les nuages et les oiseaux,
    Les beaux oiseaux le guideront vers la liberté
    Qui est en lui, pour marcher vers les collines.
    clem

  2. Nicole

    Bonjour
    Merci de vous lire. Où la liberté se trouve t’elle ? au plus profond de notre âme peut-être.
    Amicalement
    Nicole

  3. Clem, Nicole,

    Il est inutile de chercher la liberté « comme une clé perdue », c’est-à-dire « comme s’il s’agissait de retrouver une clé perdue » => la liberté n’étant pas « une clé perdue », il est donc inutile (et vain) de la chercher comme telle.

    Je comprends tout à fait ce que dit Gamoneda, mais je ne le comprends que depuis peu, depuis que je marche dans la montagne. Je ne peux l’exprimer mieux que lui dans la dernière strophe.

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