TDF - La revue de poésie et de critique d'Angèle Paoli

Terres
de Femmes

Antonio Gamoneda | Entra en tu madre

Publié le :

14 septembre 2006

/

Catégorie(s) :

« Poésie d’un jour »


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Ph, G.AdC





ENTRA EN TU MADRE…


Entra en tu madre y abre en ella tus párpados,

entra despacio en su corazón.

Vuelve a ser fruto en el silencio. Sed

como un árbol que envuelve la palpitación de los pájaros

y se inclina, y descienden el perfume y la sombra.






ENTRE EN TA MÈRE…


Entre en ta mère et ouvre en elle tes paupières,

entre doucement dans son cœur ;

Redeviens fruit dans le silence. Soyez

comme un arbre qui enveloppe la palpitation
des oiseaux

et il s’incline, et en descendent le parfum
et l’ombre.


Antonio Gamoneda, Cecilia [Fundación César Manrique, 2004], Éditions Lettres Vives, Collection Terre de poésie dirigée par Claire Tiévant, 20213 Castellare-di-Casinca, 2006, pp. 32-33. Traduit de l’espagnol par Jacques Ancet.






NOTICE BIO-BIBLIOGRAPHIQUE


Antonio Gamoneda Lobón, dit Antonio Gamoneda, est né à Oviedo (dans les Asturies) le 30 mai 1931. Il réside à León depuis 1934.

D’une densité et d’une force visionnaire hors du commun, l’œuvre d’Antonio Gamoneda s’est peu à peu révélée comme l’une des plus importantes de la poésie espagnole d’aujourd’hui.

Antonio Gamoneda a été lauréat du Prix Castilla et León des Lettres 1985, du Prix National de Poésie 1988 pour Edad, du Prix de Littérature de la Communauté de Madrid 2005, du Prix Reina Sofía de Poesía Iberoamericana 2006, du Prix Européen de Littérature 2006 et du Prix Cervantes 2006.

Le recueil Cecilia est le septième ouvrage de Gamoneda traduit en français, quatre d’entre eux (Pierres gravées, Froid des limites, Passion du regard, Cecilia) ayant été traduits aux éditions Lettres Vives (Castellare-di-Casinca, Haute-Corse).





ANTONIO GAMONEDA


Antonio_gamoneda
Source



■ Antonio Gamoneda
sur Terres de femmes

Géologie (poème extrait de Blues castillan)
Cecilia (lecture d’AP)
La lumière bout derrière mes paupières (poème extrait d’Arden las pérdidas [Clarté sans repos])
Quand tu éclaires mes yeux (poème extrait de Chanson de l’erreur)



■ Voir aussi ▼

→ (sur P/oésie, le Blog d’Alain Freixe)
Clarté sans repos d’Antonio Gamoneda
→ (sur librodenotas.com) une
page spéciale consacrée à Antonio Gamoneda (dont un poème inédit dit par Gamoneda)


Pour entendre Antonio Gamoneda lire à voix haute certains de ses poèmes,
se rendre sur le site Lyrikline (recueil Libro del Frío) ou sur La voz de los poetas





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2 réponses à “Antonio Gamoneda | Entra en tu madre”

  1. nobody

    Si simple ce poème et si beau !

    « Soyez

    comme un arbre qui enveloppe la palpitation
    des oiseaux

    et il s’incline, et en descendent le parfum
    et l’ombre. »

    Ce passage est magnifique, imagé, très sensible.
    Merci Angèle !

  2. Merci, nobody. Ce poème me parle tout particulièrement ces derniers temps. Une autre façon de lire, de décrypter le rapport à la mère qui ma taraude tant. Ma mère, moi, ma fille, sa fille. Quel tissage? Pour quelle histoire?

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