TDF - La revue de poésie et de critique d'Angèle Paoli

Terres
de Femmes

Jean Gabriel Cosculluela | À l’écart d’oubli

Publié le :

25 février 2007

/

Catégorie(s) :

« Poésie d’un jour »



Adoss_au_ciel_de_ta_mort
Ph., G.AdC






À L’ÉCART D’OUBLI

Pour André Rochedy,



Sous l’arbre,
et la maison et le champ
sont proches encore dans le jour,
une main autre tourne tes mots,
un à un,
et tes mots sont déjà à terre,
écrits,
c’est un retrait.
Une voix autre tourne tes mots,
un à un
et tes mots sont à même l’air,
exhalés,
une buée à peine
au bleu d’été,
c’est un retrait.

Je n’imagine rien d’autre,
un pas
dans le silence
de la terre haute
que tu contemples,
adossé au ciel de ta mort.

Un nuage blanc silence à cette heure
la terre le ciel.

Que devient le cœur lent
silencieux de l’arbre
au ciel de ta mort ?

Un mot tombe
avec le bleu d’été,
la maison, le champ, proches.
Tu viens lire, encore
une fois.
C’est un retrait.

C’est un hameau
à l’écart d’oubli.
Tu tombes de silence,
tu tombes de sommeil,
dans tes mots.


Jean Gabriel Cosculluela
Février 2007

© D.R. Jean Gabriel Cosculluela




_____________________
NOTE : Ce texte inédit de Jean Gabriel Cosculluela (aimablement transmis par son auteur) a paru (depuis cette mise en ligne) dans le numéro 42 (juin 2007) de la revue de création littéraire et artistique Lieux d’être* qui comporte des pages d’hommage à André Rochedy (mort le 9 août 2006).

*Lieux d’être
17, rue de Paris
59700 Marcq-en-Baroeul
courriel : mcarcano.lieuxdetre@nordnet.fr





JEAN GABRIEL COSCULLUELA


Portrait_jg_cosculluela_copie_2
Ph.© Jacqueline Salmon, 2002


Bio-bibliographie de Jean Gabriel Cosculluela = cliquer
ICI.




■ Jean Gabriel Cosculluela
sur Terres de femmes

Je serai ton silence
Lumière
Peindre se silence
[Ta terre] (poème extrait de Terre d’ombre)



■ Voir aussi ▼

→ (sur Terres de femmes) André Rochedy/
Armez-vous des feuilles du rêve
→ (sur le site de Jean-Michel Maulpoix)
une page Jean Gabriel Cosculluela
→ (sur remue.net) Jean Gabriel Cosculluela/
La pente de n’être rien





Retour au répertoire du numéro de février 2007
Retour à l’ index des auteurs

» Retour Incipit de Terres de femmes

3 réponses à “Jean Gabriel Cosculluela | À l’écart d’oubli”

  1. Jean-François Agostini

    Assis à l’ombre torturée d’un
    chêne-liège, tombent le pollen,
    les bois morts, les feuilles, les fourmis,
    et les vers que j’aligne. Pensées
    légères. Un couple de geais se pose
    fracasse le lamento des branches,
    abandonne trois pennes à l’humeur
    de la brise. Orties en mains, perdu,
    je blesse mon poème. Sans taire.

  2. la poésie ne se comprend pas tant que la vie ne s’est pas concentrée dans le dernier compartiment de la satisfaction de se voir reconnu dans l’arbre de la connaissance

  3. =>Cher Jean-François, vos poèmes sont parfois assez cousins des miens, dans leur tonalité et la voix des images. Il y a parenté certaine.

    =>Bonjour, Sylvain et bienvenue. Je ne suis pas sûre de comprendre ce que vous voulez dire. Pour moi, « comprendre » c’est « prendre-avec » et « connaître », c’est « naître avec ». S’il n’y a pas concomitance, il ne peut y avoir poésie.

Laisser un commentaire

Articles reliés