TDF - La revue de poésie et de critique d'Angèle Paoli

Terres
de Femmes

Antonella Anedda | février, nuit

Publié le :

01 février 2007

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Catégorie(s) :

« Poésie d’un jour »



Chaque_parole_une_pine_1
Ph., G.AdC







febbraio, notte



Non come spine, ma davvero spine, una per ogni dito
ogni parola una spina, nel mese più breve dell’anno
un intero roveto premuto sul bianco della pagina.

Non il regale dolore del pensiero ma un castigo basso e crudo: dieci spine di cardo, dieci brevi losanghe infiammate nelle mani, l’inutile sfida dei ragazzi che al mare portano la scheggia di riccio dentro il piede, la carne trascinata con la sua punta di fuoco nero nel freddo delle alghe.


Antonella Anedda, Notturni, in Notti di pace occidentale, Donzelli Poesia, Donzelli Editore, 1999, page 50.






février, nuit




Non comme des épines, mais vraiment des épines, une pour chaque doigt
chaque parole une épine, au long du mois le plus court de l’année
une ronceraie entière pressée sur le blanc de la page.

Non pas la douleur régalienne de la pensée mais un châtiment bas et cruel : dix épines de chardon, dix brefs losanges enflammés transperçant les mains, l’inutile défi des enfants qui à la mer ont un piquant d’oursin dans le pied, la chair traînée avec sa pointe de feu noir dans le froid des algues.


Traduction inédite d’Angèle Paoli. Avec mes remerciements à Philippe Di Meo pour son aimable relecture et ses conseils.


____________________
* Les Notturni ne sont pas présents dans l’édition française de Nuits de paix occidentale, L’Escampette Editions Poésie, 2008. Traduit de l’italien par Jean-Baptiste Para.






NUITS DE PAIX OCCIDENTALE



La force d’un livre comme Nuits de paix occidentale semble tenir à une tension toujours renouvelée entre un souci de réserve pudique, de loyale retenue, où le chant révèle sa part d’ombre et de silence, et un élan profond, une ardeur immédiate dans le don de soi, dans l’incandescente offrande de parole. Si les poèmes d’Antonella Anedda font penser à un tissu sans couture, mais brûlé ou lacéré par endroits, c’est qu’ils font place à la fois à la scène de l’intime et à la scène de l’Histoire, à l’élégie et à la tragédie, à la force nue de l’amour et aux forces armées de la violence. Leur modulation, idéalement continue et pérenne, n’en est pas moins soumise à d’implacables déchirures par la contingence ou les terribles lois de nécessité.


Jean-Baptiste Para, « Basse Lumière », avant-propos de Nuits de paix occidentale, L’Escampette Editions Poésie, 2008, page 5.





ANTONELLA ANEDDA


Antonella_anedda
Source



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10 février 2013 | Antonella Anedda, Senza nome. Sartiglia (extrait de Salva con nome)
→ (dans l’anthologie poétique Terres de femmes)
Salva con nome
→ (dans la Galerie « Visages de femmes ») le portrait d’
Antonella Anedda (+ deux poèmes extraits de Nomi distanti et de Notti di pace occidentale)



■ Voir aussi ▼

→ les pages que le site Italian Poetry a consacrées à
Antonella Anedda
→ (sur Poetry International Web) un dossier
Antonella Anedda
→ (sur Niederngasse 16, janvier-mars 2006) un entretien (en italien) avec Antonella Anedda
→ (sur Her circle ezine)
Antonella Anedda: Encounters with Silence, the Page, and the World (7 mars 2008)
→ (sur La dimora del tempo sospeso) de longs extraits (en italien) des différents recueils d’
Antonella Anedda
→ (sur books.google.com) d’autres larges extraits de
Notti di pace occidentale
→ (sur Progetto Babele) une interview (en italien) d’
Antonella Anedda par Pietro Pancamo



■ Voir | écouter ▼

→ (sur le site de la Bibliothèque municipale de Lyon)
conférence autour d’Antonella Anedda, Entre racine et lame, organisée dans le cadre du Printemps des poètes 2010, animée par Angèle Paoli et Marc Porcu
→ (sur Lyrikline)
plusieurs poèmes extraits de Residenze invernali, de Notti di pace occidentale et de Salva con nome, dits par Antonella Anedda







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2 réponses à “Antonella Anedda | février, nuit”

  1. blumy

    Ta traduction est parfaite.
    Antonella Anedda a une façon d’écrire qui vient de l’âme… Tu m’as donné une idée: poster le même passage dans mon blog.
    A bientôt, mon amie.
    Blumy

  2. nobody

    Un beau texte qui me laisse un peu perplexe. A relire, à sonder…

    « une ronceraie entière pressée sur le blanc de la page »

    Nos mots telles des ronces ?

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