TDF - La revue de poésie et de critique d'Angèle Paoli

Terres
de Femmes

Giuseppe Conte | [Sur les coquelicots]

Publié le :

28 novembre 2006

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Catégorie(s) :

« Poésie d’un jour »





Papaveri
Photo-collage, G.AdC









[SUI PAPAVERI]



Sui papaveri leggeri e di seta che
erano cresciuti tra l’erba rada del giardino
i miei ochi decoratori videro piste
di sangue e di fumo, le gole

dell’urlo, dei desideri brevi perché
infiniti e dimentichi di sé, le
carovane verso sabbia sempre più
lontane che sprofondano e orme di silenzio, e la

pioggia




Giuseppe Conte, L’Oceano e il Ragazzo [Biblioteca Universale Rizzoli, Collana “Bur Poesia”, 1983. Introduzione e note di Giorgio Ficara], in Giuseppe Conte, Poesie 1983-2015, Oscar Mondadori, Oscar Poesia, Milano, 2015, pp. 12-13.





Giuseppe Conte  L'oceano e il ragazzo 3









[SUR LES COQUELICOTS]



Sur les coquelicots légères fleurs de soie
grandies parmi l’herbe rare du jardin
mes yeux décorateurs ont vu des pistes
de sang et de fumée, les gorges

du cri, des désirs brefs, infinis
et oublieux d’eux-mêmes, les caravanes en marche
vers des sables qui s’éboulent
toujours plus lointains, les vestiges du silence et la

pluie




Giuseppe Conte, « Décorations et extases », L’Océan et l’Enfant, édition bilingue, Saint-Nazaire, Arcane 17 Éditeur, Collection L’Hippogriffe dirigée par Jean-Baptiste Para et Philippe Di Meo, 1989, pp. 30-31. Traduit de l’italien par Jean-Baptiste Para. Préface d’Italo Calvino. Prix Nelly Sachs pour la meilleure traduction de poésie de l’année (1989).*


__________________________
* Ce recueil a été réédité par Jacques Brémond en 2002.





Giuseppe Conte  L'Océan et l'Enfant





GIUSEPPE CONTE


Giuseppe_conte
Source




■ Giuseppe Conte
sur Terres de femmes


Alle origini (poème extrait de Dialogo del poeta e del messaggero)
Mer qui chante comme les cigales (poème extrait de Non finirò di scrivere sul mare)
[La beauté est le polythéisme] (extrait du Manuscrit de Saint-Nazaire)
[Archéologue de mes jours] (poème extrait de L’Océan et l’Enfant)
Je retourne où déjà j’ai été (autre poème extrait de L’Océan et l’Enfant)
Il poeta (+ notice bio-bibliographique) [poème extrait des Saisons]
Proserpine (autre poème extrait des Saisons)





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5 réponses à “Giuseppe Conte | [Sur les coquelicots]”

  1. Pascale

    Les mois passent, la roue du temps tourne irrémédiablement, les coquelicots sont toujours là, en toutes saisons. Petite mise en écho de ce coquelicot évocateur de troublantes images.

    Amitiés,

  2. c’est très beau
    ces césures m’enchantent
    elles disent la difficulté des pistes
    leurs ruptures
    leurs méandres

  3. Pascale, merci pour cette belle mise en écho et bravo à toi pour ton étonnante perspicacité ! J’ai d’autres coquelicots en réserve mais je laisse à ma souffrance le soin de mitonner mes mots en silence. Ici le silence est très intense et il gagne chaque jour des recoins oubliés de l’âme. Aujourd’hui est un jour de « magone ».

  4. Viviane, merci à toi aussi. Ce qui m’enchante tout particulèrement dans ce poème, c’est sa faculté à rapprocher/éloigner des mondes qui ne se connaissent pas. Et coexistent, le temps de quelques vers. Les sables du désert, soudain, et puis la pluie. Mystère de la poésie, magie.

  5. Remi Gaudin

    Parfum âcre négligence d’une paille rancie
    Signature équivoque du blé
    Quatre triangles noirs interrogent à l’infini
    Le sang rouge vif
    Ventricules qui battent au vent et m’appellent

    dans Poèmes jamais rencontrés.

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