![]() Ph, G.AdC LA SOURCE DES MOTS « Je débutais Au fond des lagunes De la parole Immergé dans ses remous Et dans la source des mots De ce temps-là J’englobais toutes les langues Je regorgeais de sons Je jouais l’impossible Sur mon clavier Mais bientôt je naquis Au monde des limites Bientôt vos appels Décryptèrent mon maquis Bientôt vos voix M’établirent en lieu Et en frontières Bientôt vos gestes Tracèrent des règles Dans ces marais d’infini » Andrée Chedid, Rythmes, Gallimard, Collection blanche, 2003, pp. 27-28. « Rien, en Poésie, ne s’achève. Tout est en route, à jamais. En d’autres temps, d’autres termes, d’autres élans, la Poésie, comme l’amour, se réinvente par-delà toute prescription. Ne sommes-nous pas, en premier lieu, des créatures éminemment poétiques ? Venues on ne sait d’où, tendues vers quelle extrémité ? Pétries par le mystère d’un insaisissable destin ? Situées sur un parcours qui ne cesse de déboucher sur l’imaginaire ? Animées d’une existence qui nous maintient — comme l’arbre — entre terre et ciel, entre racines et créations, mémoires et fictions ? La Poésie demeurera éternellement présente, à l’écoute de l’incommensurable Vie. » Andrée Chedid |
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