TDF - La revue de poésie et de critique d'Angèle Paoli

Terres
de Femmes

« Les traversées poétiques d’Andrée Chedid »

Publié le :

11 mars 2006

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Chroniques de femmes – EDITO

Chronique d’Angèle Paoli
Printemps des poètes 2006



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© Thierry Rambaud/IMA
(avec la médiation amicale de Josy Perceval,
Département de la communication/IMA)






LES TRAVERSÉES POÉTIQUES D’ANDRÉE CHEDID



Dans l’ambitieux programme mis sur pied dans la capitale pour célébrer le « Printemps des poètes 2006 », j’ai choisi « Les traversées poétiques d’Andrée Chedid » à l’Institut du Monde arabe, le jeudi 9 mars. Parce que j’aime le lieu, parce que j’aime et admire la Méditerranéenne Andrée Chedid. L’intitulé même de « traversées » m’a semblé d’emblée une promesse de fraternité et d’espoir, une invite à la rencontre et à la redécouverte d’une « femme plurielle », au lyrisme authentique et généreux, « figure fédératrice » de son siècle.

Andrée Chedid n’a pu être présente ce soir-là, mais de nombreux poètes de géographies et de sensibilités différentes étaient venus lui rendre hommage et célébrer sa poésie. Alternant la lecture de poèmes d’Andrée Chedid avec leurs propres poèmes, selon la convention établie pour cette soirée. Que, tout au long, le musicien Fawzi Aleidy anima de la force méditative d’intermèdes aux accents d’orient. Mélancoliques et profonds.





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© Thierry Rambaud/IMA




Jean-Pierre Siméon (le directeur artistique du Printemps des poètes) a ouvert la cérémonie par un hommage dénué de tout académisme et de toutes fioritures. Un hommage direct, chaleureux et « vrai ». Poursuivant son avant-propos par la lecture de deux poèmes choisis d’Andrée Chedid, puis de deux poèmes personnels, dont un extrait très émouvant de la Lettre à la femme aimée au sujet de la mort. Avant d’accueillir Vénus Khoury-Ghata, ardente porte-parole de la francophonie, qui célébra à son tour la « passeuse » Andrée Chedid d’une voix chaude et bouleversante, au bord des larmes, et lui dédia un large extrait de son propre recueil : Quelle est la nuit parmi les nuits.





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© Thierry Rambaud/IMA




Cette « traversée » de l’œuvre d’Andrée Chedid s’est poursuivie avec l’arrivée du poète et anthropologue algérien Habib Tengour, qui, après l’évocation de quelques anecdotes personnelles, a lu des poèmes issus de sa propre création. Une poésie non dénuée de clins d’œil et d’humour, dont rendent compte les recueils publiés au cours de la dernière décennie : Gens de Mosta (1997), Le Poisson de Moïse (2001), Traverser (2001), La Sandale d’Empédocle (2003), Gravité de l’ange (2004).

Poète et homme de théâtre, Salah Al Hamdani est né à Bagdad, mais vit en exil en France depuis trente ans. Un exil déchirant, comme il ressortait des larges extraits de Bagdad mon amour (Seuil, 2003) qu’il a lus d’une voix ronde et puissante, en arabe, puis en français, avant de céder la place à un autre Irakien, Khadim Jihad, poète et universitaire, traducteur notamment de Jacques Derrida et de Jean Genet.

Avec l’arrivée du jeune poète marocain Mohamed Hmoudane, la « traversée poétique d’Andrée Chedid » s’est à mes yeux provisoirement interrompue. Le jeune poète, arrimé poings serrés à sa propre création, a fait totalement l’impasse sur Andrée Chedid. Gommant par la même occasion l’esprit de cette rencontre. Et peut-être le pervertissant. Un poète pourtant très talentueux, mais sans concession aucune, dont la violence des images stercoraires et mortifères s’apparente à l’écriture incandescente d’un Lautréamont ou d’un Pierre Guyotat.

Heureusement, Issa Makhlouf, poète et essayiste libanais, docteur en anthropologie sociale et culturelle, a renoué le fil chaleureux de cette traversée, lisant aussi plusieurs poèmes extraits de sa propre œuvre, dont le dernier recueil, Mirages, a été publié en 2004 aux éditions José Corti.

C’est par une courte intervention radiophonique de Matthieu Chedid que s’est conclu l’hommage rendu à la grande dame. Le petit-fils a lu « vite fait » (selon sa propre expression) un poème, laissant un moment interloquée la toute sérieuse assemblée, finalement réjouie par cette pirouette juvénile inattendue.



Angèle Paoli
D.R. Texte angèlepaoli
© Photos Thierry Rambaud/IMA





■ Andrée Chedid
sur Terres de femmes


La Table des poussières (poème extrait d’Épreuves du vivant)
L’Autre
Épreuves du langage
L’île
Les nuages
L’Œil
La source des mots
La vieille mourante
20 mars 1920 | Naissance d’Andrée Chedid
le portrait d’Andrée Chedid dans la galerie Visages de femmes (+ un poème de Territoires du souffle)


■ Voir aussi ▼


Vénus Khoury-Ghata | Ils sont deux figuiers
Vénus Khoury-Ghata | Le caillou dans la main
Vénus Khoury-Ghata | Les cheveux rouges de la mère
→ (dans la galerie Visages de femmes) le Portrait de
Vénus Khoury-Ghata (+ un poème extrait de Quelle est la nuit parmi les nuits
Issa Makhlouf | Au-delà de la vue (extrait de Mirages)
Issa Makhlouf, Lettre aux deux sœurs (note de lecture d’AP)
Issa Makhlouf | L’écriture sourit à la mort (extrait d’Une ville dans le ciel)
Issa Makhlouf | Les pluies des amants (autre extrait d’Une ville dans le ciel)
Issa Makhlouf | Où es-tu ? (extrait de Leurs rêves endormis flottent sur les vagues)





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Une réponse à “« Les traversées poétiques d’Andrée Chedid »”

  1. Marielle

    Merci pour ce magnifique compte-rendu Angèle!

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