TDF - La revue de poésie et de critique d'Angèle Paoli

Terres
de Femmes

Andrée Chedid | L’Autre

Publié le :

02 juin 2005

/

Catégorie(s) :

« Poésie d’un jour »



Une_pluie_de_colombes_macules_pour_samir
Ph, G.AdC






L’AUTRE


Mon autre
Mon semblable
En cette chair
Qui nous compose
En ce cœur
Qui se démène
En ce sang
Qui cavalcade
En ce complot
Du temps
En cette mort
Qui nous guette
En cette fraternité
De nos fugaces vies
Mon semblable
Mon autre
Là où tu es
Je suis.





Andrée Chedid, « La Poursuite » in Rythmes, Poèmes, Gallimard, Collection blanche, 2003, page 93.





■ Andrée Chedid
sur Terres de femmes


La Table des poussières (poème extrait d’Épreuves du vivant)
Épreuves du langage
L’île
Les nuages
L’Œil (poème extrait de Rythmes)
La source des mots (poème extrait de Rythmes)
« Les traversées poétiques d’Andrée Chedid »
La vieille mourante
20 mars 1920 | Naissance d’Andrée Chedid
le portrait d’Andrée Chedid dans la galerie Visages de femmes (+ un poème de Territoires du souffle)





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6 réponses à “Andrée Chedid | L’Autre”

  1. J’aime ce poème, je n’ai pas d’autres mots que ce j’aime, il me parle, il est ce que je sens …

    Je ne me lasserai pas de venir sur votre site, c’est un foisonnement, un bouquet changeant de fleurs sauvages qui ondulent sous la brise légère des mots… et de la musique
    Merci à vous

    Elisanne

  2. Merci infiniment, Elisanne, pour ce chaleureux témoignage. Et soutien. Je suis très touchée de ce que vous m’écrivez. Je suis en effet très attachée à la communauté libanaise, très présente dans ma ville. J’ai eu et j’ai toujours de nombreux élèves qui ont connu les bombardements de Beyrouth et ont été durablement marqués dans leur chair par les combats qui ont déchiré leur pays. Hier encore, dans le parc du lycée, je parlais avec l’un d’entre eux de Beyrouth, sa ville natale, et des tensions actuelles que connaît le pays. Mais il n’était pas outre mesure inquiet. Ce qui vient de se passer dément en partie son apparente sérénité.
    Certains de ces élèves sont devenus de vrais amis. J’ai une tendresse particulière pour eux. Ils sont très attachants. Et j’aime leur gaîté, leur nonchalance aussi, incomprise des Picards . Nous faisons ensemble des parties de narghilé très apaisantes et conviviales (de temps en temps seulement, rassurez-vous!). Curieusement (alors même que je me suis rendue plusieurs fois dans le Moyen Orient), je ne suis jamais allée au Liban . Mais cela ne saurait tarder. Je rêve d’aller sur les ruines de Baalbek. L’antique Héliopolis.

  3. …Tout pareil qu’Eli….ce poème est très beau. Il y a quelque temps j’avais mis sur mon blog quelques citations de Andrée Chedid, très belles, très inspirées. Elle a beaucoup de talent…

    Amitiés Chris

  4. l’un de mes neveux musicien, guitariste classique de talent a épousé une Libanaise, femme charmante, cultivée que j’aime infiniment, souvent incomprise car étrangère mais permettant de si beaux échanges, leur petite fille Lara de 3 ans parle couramment l’arabe et le français, bel exemple…
    je rêve aussi des ruines de Baalbeck et je sais que j’irai un jour…
    Bonne journée Angèle

  5. Marielle

    Un superbe recueil d’entretiens entre Andrée Chedid et Brigitte Kernel vient de voir le jour chez Belfond. Une petite merveille!
    Après une première recontre dans l’émission de Brigitte Kernel Noir sur Blanc dans les années 1980, Andrée Chedid recroise le chemin de celle-ci à plusieurs reprises, notamment dans Un été d’écrivains. Au fil des conversations, une véritable amitié voit le jour et c’est grâce à elle qu’est aujourd’hui publiée cette série d’entretiens entre les deux femmes.
    La pudeur d’Andrée Chedid est bien connue. Cependant, grâce au tact et la subtilité de Brigitte Kernel, l’auteur se confie peu à peu et nous parle d’elle, de l’Egypte, de son enfance, de sa mère, de sa famille, de la vie, de la mort. De son oeuvre, aussi et surtout. L’écriture, la poésie, les lettres qu’elle aligne sur le papier, les émotions qui s’en dégagent.
    Des extraits de son oeuvre émaillent les chapitres, offrant un écho surprenant à ses confessions.
    Un ouvrage empli d’émotion et de sincérité qui rend Andrée Chedid encore plus attachante!
    (Andrée Chedid et Brigitte Kernel, Entre Nil et Seine, Belfond, 2006)

  6. Merci, Marielle, de nous signaler cet ouvrage. Je l’avais vu présenté par Jacques Chanaz (La Matière du vent), que je remercie au passage. Ce titre, Entre Nil et Seine, m’a immédiatement happée et j’ai acheté le livre tout aussitôt. Je me suis laissée porter et je l’ai lu d’une seule traite. C’est un beau dialogue qui coule entre ces deux femmes, et c’est vrai, la pudique Andrée se dévoile peu à peu, et se livre, toujours avec délicatesse. Mais aussi avec profondeur. Quelque chose d’elle irradie, qui illumine. Elle nous réchauffe de sa belle aptitude à vivre. C’est cela sa grande force, celle qui émane de sa poésie. Andrée Chedid m’est familière. J’ai l’impression de la connaître depuis toujours.

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