TDF - La revue de poésie et de critique d'Angèle Paoli

Terres
de Femmes

Antonella Anedda | octobre, nuit

Publié le :

19 octobre 2005

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Catégorie(s) :

« Poésie d’un jour »



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Ph., G.AdC





OTTOBRE, NOTTE


« Accetta questo silenzio: la parola stretta nel buio della gola come una bestia irrigidita, come il cinghiale imbalsamato che nei temporali di ottobre scintillava in cantina. Livido e intrecciato di paglia, il cuore secco, senza fumo, eppure contro il fulmine che inchiodava la porta, ogni volta nel punto esatto in cui era iniziata la morte: l’inutile indietreggiare, il corpo ardente, il calcio del cacciatore sul suo fianco.

Chiudi gli occhi. Pensa: lepre, e volpe e lupo, chiama le bestie che cacciate corrono sulla terra rasa e sono nella fionda del morire o dell’addormentarsi sfinite nella tana dove solo chi è inseguito conosce davvero la notte, davvero il respiro. »


Antonella Anedda, Notturni in Notti di pace occidentale, Donzelli Poesia, Donzelli editore, Roma, 1999, p. 58.






OCTOBRE, NUIT


« Accepte ce silence : la parole étranglée dans le noir de la gorge comme une bête engourdie, comme le sanglier empaillé qui durant les orages d’octobre étincelait dans le cellier. Livide et tressé de paille, le cœur sec, sans fumée, et pourtant face à la foudre qui clouait la porte, chaque fois à l’endroit exact où la mort avait commencé : l’inutilité de reculer, le corps ardent, la crosse du chasseur sur son flanc.

Ferme les yeux. Pense : lièvre, et renard et loup, appelle les bêtes qui pourchassées courent sur la terre rase et sont à un jet de fronde de mourir et de s’endormir épuisées dans la tanière où seul celui qui est poursuivi connaît vraiment la nuit, vraiment le souffle. »


Antonella Anedda, Notti di pace occidentale in Les cahiers de poésie-rencontres, Écritures de femmes, N° 49-50, 2002, p. 22*.


* Les Notturni ne sont pas présents dans Nuits de paix occidentale, L’Escampette Editions Poésie, 2008.






NUITS DE PAIX OCCIDENTALE


« La force d’un livre comme Nuits de paix occidentale semble tenir à une tension toujours renouvelée entre un souci de réserve pudique, de loyale retenue, où le chant révèle sa part d’ombre et de silence, et un élan profond, une ardeur immédiate dans le don de soi, dans l’incandescente offrande de parole. Si les poèmes d’Antonella Anedda font penser à un tissu sans couture, mais brûlé ou lacéré par endroits, c’est qu’ils font place à la fois à la scène de l’intime et à la scène de l’Histoire, à l’élégie et à la tragédie, à la force nue de l’amour et aux forces armées de la violence. Leur modulation, idéalement continue et pérenne, n’en est pas moins soumise à d’implacables déchirures par la contingence ou les terribles lois de nécessité. »


Jean Baptiste Para, « Basse Lumière », avant-propos de Nuits de paix occidentale, L’Escampette Editions Poésie, 2008, page 5.






ANTONELLA ANEDDA


Antonella_anedda
Source



■ Antonella Anedda
sur Terres de femmes

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Frontières (extrait d’Historiae)
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Ritagliare
S
11 septembre 2001
10 février 2013 | Antonella Anedda, Senza nome. Sartiglia (extrait de Salva con nome)
→ (dans l’anthologie poétique Terres de femmes)
Salva con nome
→ (dans la Galerie « Visages de femmes ») le portrait d’
Antonella Anedda (+ deux poèmes extraits de Nomi distanti et de Notti di pace occidentale)



■ Voir aussi ▼

→ les pages que le site Italian Poetry a consacrées à
Antonella Anedda
→ (sur Poetry International Web) un dossier
Antonella Anedda
→ (sur Niederngasse 16, janvier-mars 2006) un entretien (en italien) avec Antonella Anedda
→ (sur Her circle ezine)
Antonella Anedda: Encounters with Silence, the Page, and the World (7 mars 2008)
→ (sur La dimora del tempo sospeso) de longs extraits (en italien) des différents recueils d’
Antonella Anedda
→ (sur books.google.com) d’autres larges extraits de
Notti di pace occidentale
→ (sur Progetto Babele) une interview (en italien) d’
Antonella Anedda par Pietro Pancamo



■ Voir | écouter ▼

→ (sur le site de la Bibliothèque municipale de Lyon)
conférence autour d’Antonella Anedda, Entre racine et lame, organisée dans le cadre du Printemps des poètes 2010, animée par Angèle Paoli et Marc Porcu
→ (sur Lyrikline)
plusieurs poèmes extraits de Residenze invernali, de Notti di pace occidentale et de Salva con nome, dits par Antonella Anedda





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3 réponses à “Antonella Anedda | octobre, nuit”

  1. ma chère, d’abord je dois te remercier car, souvent, tu rafraichis ma mémoire en donnant accueil – et soins délicats – à des auteurs que j’aime…
    C’est le cas d’Antonella Anedda par exemple…

    ton blog, *ta « insula »
    est délimitée
    par les odeurs
    du vert-maquis mediterranéen,
    les rumeurs du bleu-notre mer,
    du fresque-blanc des nuages…
    néanmoins elle est ouverte
    à tous les bruits naturels, humains, artistiques.
    bisous

    *dans ce cas, « ta » je l’entends plus euphonique. Peux-tu pardonner cette licence?

  2. Yves

    Le dimanche 29 janvier, à 16h00, dans le cadre du festival « Temps de paroles »
    « Tant d’inconnu/dans ce corps/reconnu » (Andrée Chedid) – qui se tiendra en Côte-d’Or du 12 janvier au 12 février 2006 -, Antonella Anedda lira et fera lire quelques-uns de ses poèmes (Chambre du poète du salon Bouhier de l’Hôtel de Vogüé, 8, rue de la Chouette, Dijon). [programme du festival en format PDF où l’on peut lire le poème « Paesaggio », traduit par Jean-Baptiste Para. Ci-dessous ]

    Paesaggio

    Mi avvicinai a un ramo carico di neve
    dove uno dei corvi piegava sotto le zampe il legno.
    Diventai quel dondolio di grigio e nero
    e quel diverso verde ( misto di salvia e gelo)
    che avanzava con un tocco di livore sulle nubi.

    Vidi me stessa dentro quel purgatorio.
    Tutto era paesaggio. La rabbia : un tumulo
    l’incertezza – a mucchi : una collina.
    Il disamore : alberi con ombre intirizzite.

    “Osserva”, disse l’ombra nel cespuglio più vicino :
    “la nebbia inghiotte il tuo dolore.
    Impara nel tuo spazio mortale
    imparando si sfiora il paradiso.”

    Sì, risposi e la luce diminuì l’ira del mattino
    divise il mio corpo dal rancore
    impose alle ombre di tacere
    e un tagliente azzurro prese – era già paradiso?
    il posto del paesaggio, della prima persona.

    Paysage

    Je m’approchai d’une branche couverte de neige
    que l’un des corbeaux faisait ployer sous ses pattes.
    Je devins ce balancement de gris et de noir
    et ce vert différent (mélange de sauge et de gel)
    qui s’attardait avec une pointe de rancœur sur les nuages.

    Je me suis vue moi-même au sein de ce purgatoire.
    Tout était paysage. La fureur : un tumulus
    l’incertitude – par monceaux : une colline.
    Le désamour : des arbres aux ombres transies.

    Dans le buisson le plus proche une ombre s’adressa à moi :
    « Vois, me dit-elle, le brouillard avale ta douleur.
    Il te faut apprendre en ton espace mortel
    en apprenant on effleure le paradis. »

    Oui, répondis-je, et la lumière atténua la violence du matin
    elle sépara mon corps du ressentiment
    et ordonna aux ombres de se taire.
    Alors un azur coupant – était-ce déjà le paradis ? –
    prit la place du paysage, de la première personne.

  3. Dans le dernier numéro de la revue semestrielle d’art et de littérature Rehauts * (n° 20, automne-hiver 2007, pp. 44-51) figurent plusieurs poèmes de Antonella Anedda extraits de Dal balcone del corpo (Mondadori, 2007) et traduits par Jean-Baptiste Para. Dans la note bio-bibliographique qui lui est consacrée, Jean-Baptiste Para ajoute : « Antonella Anedda a dit que la poésie était la réalité même de sa vie : « une racine, et parfois une lame ». Une racine qui la relie à la totalité de la terre et du cosmos, aux vivants et aux morts, à la parole même de ce qui semble ne pas avoir de voix. Et une lame qui ouvre au monde, désigne une blessure, mais devient aussi l’emblème du tranchant de la poésie. »

    * 105, rue Mouffetard
    75005 Paris
    tél. : 01 43 36 81 03

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