TDF - La revue de poésie et de critique d'Angèle Paoli

Terres
de Femmes

16 janvier 1884 | Naissance de Jules Supervielle

Publié le :

16 janvier 2005

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Catégorie(s) :

Éphéméride culturelle à rebours



En l’honneur de Jules Supervielle (né le 16 janvier 1884 à Montevideo [Uruguay] et mort à Paris le 17 mai 1960), cette petite improvisation prémonitoire de 4’33 de John Cage. Celle-ci n’est pas pour tous instruments, mais pour piano noir solo.






Pianoforte_1
Ph, G.AdC






Un homme, qui avait été un grand pianiste, s’assit un jour à son fantomatique piano et invita les amis à le venir voir jouer. Chacun comprit que ça allait être du Bach. On pensait que peut-être, vu le génie de l’exécutant et du compositeur, on allait entendre quelque chose. Et les invités faisaient aller leur tête de droite et de gauche dans une grande espérance. Certains avaient pensé que c’était Bach lui-même. En effet, c’était lui. Il joua la Toccata et Fugue. On suivait avec passion le jeu de l’artiste et chacun crut vraiment l’entendre. À la fin du morceau tous se mirent à battre des mains avec enthousiasme, mais il fut manifeste que nul bruit n’en sortait. Alors, comprenant qu’il n’y avait pas eu miracle, on se hâta de rentrer chez soi au plus vite.


Jules Supervielle, L’Enfant de la haute mer [1931], Gallimard, Collection Folio, 1972, page 91.



JULES SUPERVIELLE


Supervielle
Portrait de Jules Supervielle à vingt-six ans (1910),
d’après une eau-forte de Fernand Sabatté (1874-1940).
Source





■ Jules Supervielle
sur Terres de femmes


26 mai 1955 | Jules Supervielle, Grand Prix de littérature
17 mai 1960 | Mort de Jules Supervielle




■ Voir aussi ▼


→ (sur The Dissident)
« Jules Supervielle, poète de la magie réparatrice », par Adeline Baldacchino (21 décembre 2017)





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3 réponses à “16 janvier 1884 | Naissance de Jules Supervielle”

  1. M.P.

    Dans le cadre d’un colloque professionnel sur le thème « Le temps s’écoule, le temps s’écoute » j’avais réécrit certains passages de ce conte pour évoquer la carrière en psychiatrie d’un ami infirmier-écrivain André Roumieux. Le texte accompagné de dessins s’intitulait « Le jeune homme et la haute mer »…

  2. Et pour ce 16 janvier, je propose aussi de penser à Susan Sontag qui vient de mourir et qui nous manque déjà (j’aurais aimé qu’elle intervienne pour commenter le déferlement des images des tsunamis, et le recours aux images d’amateur notamment, comme elle avait su, très vite, le faire à propos des images du 11 septembre : elle était née le 16 janvier 1933.

  3. A l’occasion de l’anniversaire de sa naissance, pour les îliens d’ici et d’ailleurs, ce poème de Jules Supervielle.

    Amitiés

    La mer secrète

    Quand nul ne la regarde
    La mer n’est plus la mer,
    Elle est ce que nous sommes
    Lorsque nul ne nous voit.
    Elle a d’autres poissons,
    D’autres vagues aussi.
    C’est la mer pour la mer
    Et pour ceux qui en rêvent
    Comme je fais ici.

    Si nul ne pense à moi

    Je cesse d’exister.

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