TDF - La revue de poésie et de critique d'Angèle Paoli

Terres
de Femmes

Mario Luzi | Quanta vita

Publié le :

09 janvier 2005

/

Catégorie(s) :

« Poésie d’un jour »



Waltreflex
D.R. NOWY NAGLOWEK
Source






QUANTA VITA


« Quanta vita » si leva una voce alta di bambino
dove uccelli e uccelli strappati al pigoglio di ramo in ramo
filano tra la perdita di foglie del bosco nel freddo controluce
e tracciano una scia di piume e strida, lasciano quelle rotte frasi
d’un discorso arrivato al dunque, festa
e fuga, mentre uomini appostati
ne preparano lo sterminio ; « Quanta
vita » ripetono quegli ultimi più luminosi sbattimenti d’ali
per tutta la boscaglia tra mare ed acquitrinio […]
ché non si percepisce mai la vita
Così forte come nella sua perdita.



Mario Luzi, Dal fondo delle campagne (1956-1961) in Tutte le poesie, volume primo, Garzanti Editore, Gli Elefanti, 2005, p. 311.







QUE DE VIE


« Que de vie ! » une voix aiguë d’enfant s’élève
là où une foule d’oiseaux arrachés à leur gazouillement de branche en branche
s’enfuit dans l’effeuillement du bois sous le froid contre jour,
trace un sillage de plumes et de cris, abandonne les phrases brisées
d’un discours qui achoppe, fête
et fuite, tandis que des hommes à l’affût
en préparent le massacre ; « que
de vie ! » répètent des derniers, ces plus lumineux battements d’ailes
sur toute la broussaille entre mer et marais […]
car on ne perçoit jamais la vie
si fort qu’au moment de sa perte.



Mario Luzi, « Du fond des campagnes », L’Incessante Origine, Flammarion, 1985, pp. 112-115.





MARIO LUZI

Ritratto_di_mario_luzi
Image, G.AdC





■ Mario Luzi
sur Terres de femmes


Cahier gothique, VII
Diana, risveglio
Dove l’ombra
En mer
Il pensiero fluttuante della felicità
Nature
Près de la reine de Saba (note de lecture sur Trames de Mario Luzi + extrait)
Primitiales (note de lecture sur Prémices du désert)
Stupore d’ultramattutina luce
[Vita o sogno ?]





Retour au répertoire du numéro de janvier 2005
Retour à l’ index des auteurs
Retour à l’index de la catégorie Péninsule (littérature et poésie italiennes)

» Retour Incipit de Terres de femmes

Une réponse à “Mario Luzi | Quanta vita”

  1. M.P.

    « Que de vie… sur toute la broussaille entre mer et marais »…

    On pense à l ‘Indonésie bien sûr mais aussi… à une belle métaphore pour évoquer l’écriture : elle qui fait son incessant manège entre le large et l’alluvion…

    Il s’agit bien d’un « battement » entre béatitude et contrainte par corps… On écrirait dans une frêle voix d’oiseau déniché par grand vent, il y aurait de l’enfance et de la jouissance avortées à la croisée des images… il y aurait des regrets et des espoirs tenaces… il y aurait de l’urgence, du sang ou du malheur patent, en toutes sortes d’invectives. Les yeux auront donc pris les armes, engrangeant l’irréparable. Il s’agira de reconstruire puis de parler dans la langue des vivants… pour reprendre le vent, redéplier les ailes…

Laisser un commentaire

Articles reliés