TDF - La revue de poésie et de critique d'Angèle Paoli

Terres
de Femmes

Mario Luzi | En mer

Publié le :

20 mai 2005

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Catégorie(s) :

« Poésie d’un jour »



Bonifacio






PER MARE

(extrait)


Si naviga tra Sardegna e Corsica,
C’è un po’di mare
e la barca appruata scarrichia.
L’equipaggio dorme. Ma due
vegliano nella mezzaluce della plancia.
È passato agosto. Siamo alla rottura dei tempi.
È una notte viva.
Viva più di questa notte,
viva tanto da serrarmi la gola
è la muta confidenza
di quelli che riposano
sicuri in mano d’altri
e di questi che non lasciano la manovra e il calcolo

mentre pregano per i loro uomini in mare
da un punto oscuro della costa, mentre arriva
dalla parte del Rodano qualche raffica.




Mario Luzi, Su fondamenti invisibili (1960-1979), in Tutte le poesie, volume primo, Garzanti Editore, Gli Elefanti, 2005, pp. 361-362.






EN MER


Nous naviguons entre Sardaigne et Corse.
La mer est agitée
et le bateau piquant du nez dérive.
L’équipage dort. Mais deux hommes
veillent dans la semi-lumière de la passerelle.
Août a pris fin. Nous sommes à la rupture des temps.
C’est une nuit vivante.
Vivante plus que cette nuit,
vivante à me serrer la gorge
est la muette confiance
de ceux-là qui dorment
assurés dans la main des autres
et de ceux-ci qui n’abandonnent ni la manœuvre ni le calcul

alors qu’on prie pour les hommes en mer
d’un point obscur de la côte, alors que du côté
du Rhône parviennent quelques rafales.




Mario Luzi, L’Incessante Origine, Flammarion, 1985, pp. 211-212. Traduit de l’italien par Philippe Renard et Bernard Simeone.




MARIO LUZI



Mario Luzi




■ Mario Luzi
sur Terres de femmes

Diana, risveglio
Dove l’ombra
Il pensiero fluttuante della felicità
Nature
Près de la reine de Saba (note de lecture sur Trames de Mario Luzi + extrait)
Primitiales (note de lecture sur Prémices du désert)
Stupore d’ultramattutina luce
[Vita o sogno ?]





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3 réponses à “Mario Luzi | En mer”

  1. On appelle ceci « synchronicity » en anglais. Je retrouve, enfoui dans les paquets que mes parents m’ont apportés d’Italie, le dernier Luzi…

  2. DE BONIFACIO A LIPARI ____________

    Rien ! Enfin presque. L’innommable. L’indicible. L’indescriptible. L’abstrait.
    Bleu marine. Bleu ciel. La rencontre des deux. L’horizon les distingue, mes yeux aussi.
    Puis, une touche de carmin, le rouge du drapeau tricolore, le sang de la commune, le peuple de Paris. La guillotine.
    La mer : lieu de l’énumération le moins propice à l’exaltation, à l’extirpation, le contraire de l’ennui, son exact contraire, l’indolence.

    Amicizia
    Guidu _______

  3. La rencontre des deux ou la rencontre des dieux ? Je pensais à l’instant au cri d’Ulysse : « Kallistè », alors qu’il venait de découvrir les côtes d’une île inconnue. La Corse, si j’ai bonne mémoire. Kallistè, c’est aussi Callisto, la plus sublime des nymphes.

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