
O, kak Ж Я ХОЧУ-
Не чуеЫй никем-
ЛететЬ вослед лучу,
Где нет меня совсем.
А тЫ в кругу лучисЬ-
Другого счастЬя нет-
И у звездЫ учисЬ
Тому, что значит свет.
[Он толЬко тем и луч,
Он толЬко тем и свет,
Что шоптом могуч
И лепетом согрет.]
И я тебе хочу
Сказать,что я шепчу,
Что шопотм лучу
Тебя, дитя, вручу.
OH, COMME J’AI DÉSIR,
à l’insu de tout autre,
de voler en lumière
où je n’existe pas.
Toi, tu luis dans un cercle,
et n’a d’autre bonheur –
une étoile t’enseigne
ce qu’elle est, la lumière.
[C’est pourquoi le rayon,
c’est pourquoi la lumière,
murmurant sont puissants,
balbutiant sont brûlants.]
À toi je veux le dire
que je murmure encore,
qu’au rayon mon murmure,
là, enfant, te confie.
23 mars 1937
Ossip Mandelstam, CAHIERS DE VORONEJ, Éditions bilingue, Traduction de Jean-Claude Schneider, Illustration de couverture Isaac Lévitan (1860-1900) « La Vladimirka » [nom de la route qui menait de Moscou à Vladimir, et qu’empruntaient les prisonniers enchaînés) partant pour les bagnes de Sibérie (1892), Huile sur toile, Galerie Tetriakov, Moscou, Le Bruit du Temps 2026
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