TDF - La revue de poésie et de critique d'Angèle Paoli

Terres
de Femmes

Danielle Fournier | Ce pourrait être l’été | Mireille Fargier-Caruso | Ainsi cela devient

Publié le :

06 avril 2023

/

Catégorie(s) :

<< Poésies d'un jour

B(1)

Aquatinte de G.AdC

ce pourrait être l’été dans le velouté des
nuages moutonneux, les vents contraires
les adultes jouent dehors à être des enfants, les
enfants se perdent en songe, emportés dans
leur forêt et les remous de la rivière
oui ce devrait être l’été, rempli de bruits à
l’écart de voix humaines, de coups de marteau,
de grondements de scies, de rires gras et
d’odeurs de viande grillée

la route brûlante de terre sèche conduit ici et
là, des directions qui ne donnent accès à rien,
qui ne mènent nulle part
les hommes contemplent le corps des femmes
et celui des hommes
les femmes détournent leur regard et vient ce
mot : foudroyées, au féminin pluriel

ce devrait être l’été dans la quiétude des
veillées
celles où les clameurs se sont tues,
étouffées
plutôt pour laisser place aux étoiles
aux parfums des leurs sauvages

Danielle Fournier, ce pourrait être l’été, Méridianes – Collection Duo, 2023, pp.3,4.

Fournier bis

DANIELLE FOURNIER sur → Tdf

__________________________________________

E(1)

Aquatinte de G.AdC

Avec nos fondations si lentes
si fragiles
nos trajets en désordre
ici ailleurs

nous caressons les étoiles
pour étancher nos soifs
ouvrant une brèche pour l’écriture

un peu d’au-delà où vivre

les poches pleines de courbures du vent
de mots tressés d’empreintes
de galets de vestiges
que les vagues bercent sous la mer

nos chants et nos poèmes
les portent et les perpétuent
ainsi cela devient

Le lointain une houle immense
recouvre nos pas où résonne l’absence
pas de rivage pour les passants

ligaturés à l’incertain
nous cheminons
de l’imprécision à la source

nos mots troublent le visible
sans bruit le virtuel prend place
nous trébuchons
sèche un peu d’encre sur les doigts

tandis que les marées vont et viennent
dans le plaisir du mouvement
nous cheminons
vers ce qui échappe toujours
les jours noyés dans notre dos

ne se défroissent pas les anciennes images
le long parcours des cicatrices
ce qui creuse et défigure le présent

nous ne sommes jamais tout à fait

Mireille Fargier-Caruso, Ainsi cela devient, Méridianes – Collection Duo – 2023, pp. 3,4.

Fargier caruso(1)

MIREILLE FARGIER-CARUSO sur Tdf

Laisser un commentaire

Articles reliés