<< Poésie d'un jour
C3%A8re.html »>Isabelle Lévesque, de la terre à la lumière, par Pierre Kobel
→ (sur Recours au Poème) une notice bio-bibliographique sur Isabelle Lévesque
→ (sur Recours au Poème) trois lectures de Voltige !, par Hervé Martin, Marie-Hélène Prouteau et Lucien Wasselin
■ Notes de lecture (55) d’Isabelle Lévesque
sur Terres de femmes ▼
→ Max Alhau, Les Mots en blanc
→ Marie Alloy, Cette lumière qui peint le monde
→ Gabrielle Althen, Soleil patient
→ Françoise Ascal, Noir-racine précédé de Le Fil de l’oubli
→ Edith Azam, Décembre m’a ciguë
→ Gérard Bayo, Jours d’Excideuil
→ Mathieu Bénézet, Premier crayon
→ Véronique Bergen, Hélène Cixous, La langue plus-que-vive
→ Claudine Bohi, Mère la seule
→ Paul de Brancion, Qui s’oppose à l’Angkar est un cadavre
→ Laure Cambau, Ma peau ne protège que vous
→ Valérie Canat de Chizy, Je murmure au lilas (que j’aime)
→ Fabrice Caravaca, La Falaise
→ Jean-Pierre Chambon, Zélia
→ Françoise Clédat, A ore, Oradour
→ Colette Deblé, La même aussi
→ Loïc Demey, Je, d’un accident ou d’amour
→ Sabine Dewulf, Et je suis sur la terre
→ Pierre Dhainaut, Après
→ Pierre Dhainaut, Ici
→ Pierre Dhainaut, Progrès d’une éclaircie suivi de Largesses de l’air
→ Pierre Dhainaut, Vocation de l’esquisse
→ Pierre Dhainaut, Voix entre voix
→ Armand Dupuy, Mieux taire
→ Armand Dupuy, Présent faible
→ Estelle Fenzy, Rouge vive
→ Bruno Fern, reverbs phrases simples
→ Élie-Charles Flamand, Braise de l’unité
→ Aurélie Foglia, Gens de peine
→ Philippe Fumery, La Vallée des Ammeln
→ Laure Gauthier, kaspar de pierre
→ Raphaële George, Double intérieur
→ Jean-Louis Giovannoni, Issue de retour
→ Cécile Guivarch, Sans Abuelo Petite
→ Cécile A. Holdban, Poèmes d’après suivi de La Route de sel
→ Sabine Huynh, Les Colibris à reculons
→ Sabine Huynh, Kvar lo
→ Lionel Jung-Allégret, Derrière la porte ouverte
→ Mélanie Leblanc, Des falaises
→ Gérard Macé, Homère au royaume des morts a les yeux ouverts
→ Béatrice Marchal, Un jour enfin l’accès suivi de Progression jusqu’au cœur
→ Jean-François Mathé, Retenu par ce qui s’en va
→ Dominique Maurizi, Fly
→ Dominique Maurizi, La Lumière imaginée
→ Emmanuel Merle, Dernières paroles de Perceval
→ Nathalie Michel, Veille
→ Isabelle Monnin, Les Gens dans l’enveloppe
→ Cécile Oumhani, La Nudité des pierres
→ Emmanuelle Pagano, Nouons-nous
→ Hervé Planquois, Ô futur
→ Sofia Queiros, Normale saisonnière
→ Jacques Roman, Proférations
→ Pauline Von Aesch, Nu compris
Aquatinte numérique originale → G.AdC
Ici
le long le loin
liés.
Vivre – arrivé loin devant
gagné par le printemps visage tendu
il semble que tu-
alors pourquoi ne pas tendre la pierre,
toi premier par la voix qui me traverse ?
La Seine élargie inscrit ton pas sur le sol
blanc comme la porte.
Si tu grondes, si tu-
(je tombe).
Ici déborde, la mer s’est retirée, toi-
fossile, outrage, membres serrés fort,
ne suffit pas
que debout tu t’éloignes. L’horizon,
berceau d’apparence, redresse ton ombre
dans ma voix
même risque si tu-
lapidaire encoche
dans le calcaire.
Ne t’éloigne pas, l’ombre te devance,
elle trace tes pas, sans cesse accroissant
le vertige de craie ( ne te retourne pas).
Tu tiens si loin sur la devise suspendue :
les deux derniers mots, encore une lettre
et tu tomberas.
Si la Seine t’emporte – tu rejoindras la mer.
Ne t’éloigne pas. Ici comble ta loi
d’apparences contraires.
Les aphorismes brisés seront ta cendre
et nous te regarderons marcher
sur le fil facétieux du passé. […]
Moitié perdu, moitié couru : savait
sa fin, sa soif et le perçu vif du passé
dans sa trace. Rouge, hésite
au bord de plus.
Alors cœur perdu planté dans la fleur fanée.
Est-elle tombée plus loin que chacun pour soi ?
Elle vit, recomposée d’instants-pétales.
À mes pieds la fleur orangée triomphe,
le ciel est son captif noir.
Bleu sur mes doigts : tout est passé,
seule elle avance en terre.
Je t’appelle et chevauche la nuit des temps :
restée loin, regardant perdu l’horizon
qui tremble à midi, j’ai posé
quelques gouttes de rosée.
-Serait-ce au matin l’aveu rouge
d’une promesse lointaine
sous le pommier qui fleurit ?
Je recompose
le passage secret où te trouver.
Je l’appelle « coquelicot ».

Isabelle Lévesque, IV, « Ne t’éloigne pas, mon ombre fragile te suit » in Je souffle, et rien. Peintures de Fabrice Rebeyrolle ;
postface de Jean-Marc Sourdillon.
L’Herbe qui tremble 2022, pp.90, 91, 92, 93, 95, 96.
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