Isabelle Lévesque, Ossature du silence,
weblog/2017/01/armand-dupuy-pr%C3%A9sent-faible-par-isabelle-l%C3%A9vesque.html »>Armand Dupuy, Présent faible
→ Estelle Fenzy, Rouge vive
→ Bruno Fern, reverbs phrases simples
→ Élie-Charles Flamand, Braise de l’unité
→ Aurélie Foglia, Gens de peine
→ Philippe Fumery, La Vallée des Ammeln
→ Laure Gauthier, kaspar de pierre
→ Raphaële George, Double intérieur
→ Jean-Louis Giovannoni, Issue de retour
→ Cécile Guivarch, Sans Abuelo Petite
→ Cécile A. Holdban, Poèmes d’après suivi de La Route de sel
→ Sabine Huynh, Les Colibris à reculons
→ Sabine Huynh, Kvar lo
→ Lionel Jung-Allégret, Derrière la porte ouverte
→ Mélanie Leblanc, Des falaises
→ Gérard Macé, Homère au royaume des morts a les yeux ouverts
→ Béatrice Marchal, Un jour enfin l’accès suivi de Progression jusqu’au cœur
→ Jean-François Mathé, Retenu par ce qui s’en va
→ Dominique Maurizi, Fly
→ Dominique Maurizi, La Lumière imaginée
→ Emmanuel Merle, Dernières paroles de Perceval
→ Nathalie Michel, Veille
→ Isabelle Monnin, Les Gens dans l’enveloppe
→ Jacques Moulin, L’Épine blanche
→ Cécile Oumhani, La Nudité des pierres
→ Emmanuelle Pagano, Nouons-nous
→ Hervé Planquois, Ô futur
→ Sofia Queiros, Normale saisonnière
→ Jacques Roman, Proférations
→ Pauline Von Aesch, Nu compris
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→ Aurélie Foglia, Gens de peine
→ Philippe Fumery, La Vallée des Ammeln
→ Laure Gauthier, kaspar de pierre
→ Raphaële George, Double intérieur
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→ Cécile Guivarch, Sans Abuelo Petite
→ Cécile A. Holdban, Poèmes d’après suivi de La Route de sel
→ Sabine Huynh, Les Colibris à reculons
→ Sabine Huynh, Kvar lo
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→ Mélanie Leblanc, Des falaises
→ Gérard Macé, Homère au royaume des morts a les yeux ouverts
→ Béatrice Marchal, Un jour enfin l’accès suivi de Progression jusqu’au cœur
→ Jean-François Mathé, Retenu par ce qui s’en va
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→ Nathalie Michel, Veille
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→ Jacques Moulin, L’Épine blanche
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» Retour Incipit de Terres de femmes
Éditions Les Deux-Siciles, Collection Poésie,
77330 Ozoir-la-Ferrière, 2012.
Encres de Claude Lévesque.
Préface de Pierre Dhainaut.
Lecture d’Angèle Paoli
« antique vin chargé des blessures
Mystérieux, le titre du dernier recueil d’Isabelle Lévesque déconcerte. Énigmatique Ossature du silence. Comment circonscrire dans une forme le silence ? Quelle ossature lui donner lorsque celui-ci n’est qu’une ombre ? Par essence, volatile, fugitive, insaisissable ? Par-delà, quel chemin de craie emprunter pour enter nos mots à ceux du poète ? Ancrer nos pas dans les dessins du père, récemment disparu. Se laisser guider au creux de l’ossature qui squelette, légère, ce petit opus, afin de percevoir ce qui, dans la jonction des mots et des encres, structure le temps. Passé présent se raboutent de part et d’autre des deux rives de la Seine, jonction étroite entre deux gestes, l’écrire et le tracer du dessin. Dialogue d’encres, « tu recommences »/« Je reviens ». Isabelle Lévesque interroge les encres laissées par son père, jouxte ses mots à ses traits, traçant sur la page un chemin de mémoire. La poète suit les tracés du père, croquis surpris sur les carnets, à l’angle des feuilles. L’enfant des Andelys aime à les surprendre et recrée, avec les mots de ses poèmes, le lien entre « ce qui ronge, ce qui érige ». Là, sur la feuille, s’effacent les frontières, s’arriment les contraires. Les mots émaillent, trouent le silence blanc de la page. Ce qui relie ― (le calcaire) ― l’écriture. Les dessins. « La craie calme millénaire ». Creux et fentes de pierre blanche enserrent coteaux et ruines, le passé lointain de l’Histoire et celui plus proche de l’enfance ― « craie d’école, lissé », contes et vers ― et les mots tirés du silence. « L’écriture naît aux Andelys ». Au cœur du texte ― en ouverture et en clôture, deux textes en italiques servent de bornage au texte principal ―, disséminées dans ses failles, affleurent les traces du père, légères, furtives, des esquisses, à peine, des silhouettes de murailles, des fantômes. Le Château-Gaillard de haute mémoire esquisse ses formes, ébauches de donjons, fenêtres vides et fissures, flammèches et zébrures, gouttes et pluie de traits filiformes. Quelques signes, qui trouent le rideau des parois de craie. Un paysage intérieur gagne. Habite l’espace. Un lieu chargé d’histoire et de mystère. La Normandie, la Seine, Les Andelys. Richard 1er Cœur de Lion. Sa forteresse démantelée, son « antique vin chargé des blessures ». Ses falaises de calcaire qui forment passage entre un avant et un après. Isabelle Lévesque questionne : le ciel, l’infini ― « racine et ciel » (la mère et le père) ―, « l’ombre du silence » ; les souffles, de la pierre et des insectes. L’écriture crypte la page, les mots sculptent le silence, le prennent dans leurs mailles. « Ossature du silence », au cœur du poème, laisse affleurer le secret de ses images duelles. Érodée, l’écriture, tout en rupture de constructions et de rythmes, érige le poème. Dans le silence blanc de la page.
Angèle Paoli D.R. Texte angèlepaoli
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