
Le petit déjeuner sur l’herbe d’Édouard Manet
interprétation détournée de → Pat Ralph
Voir → l'original
( * )
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Ma vie de femme dans un tableau de Manet me poursuit
nuit et jour, jérémiade du temps qui passe, non,
je n’ai pas pris un pli dans cette aventure
mais des regrets d’avoir vécu pareils nus,
enduré le regard des hommes dans l’herbe assis
de profil ou de face pour la postérité
quand il me faut, moi, me contorsionner
pour regarder dans les yeux les visiteurs
intarissables du musée, tout en vêtement et haut-
de-forme à portée de main, sûrs du sujet
–le noir et le vert, le blanc des chairs,
rien ne fut plus habile, habillé mais l’œil
scrutateur n’est pas dupe, nul n’est dupe
du tracé des corps ébauchés d’abord nus
au bord de l’eau, puis revêtus, nippés
comme à la claire guinguette de Renoir plus tard
où d’autres Victorine étaient venues
le samedi soir danser dans une optique ancienne
et manger de la chair, énième déjeuner,
dire je t’aime,
je te vois quand j’ai les yeux fermés.
sur l’herbe

Étienne Faure, « Scrutations » in Vol en V, poèmes, Éditions Gallimard,2022, p.101
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( * ) Édouard Manet: Provocation ou recherche artistique ? Voir → KAZoART
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| ÉTIENNE FAURE
■ Étienne Faure → [Après les rigueurs inhumaines | du gel] (extrait de Ciné-plage) ■ Voir aussi ▼ |

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