TDF - La revue de poésie et de critique d'Angèle Paoli

Terres
de Femmes

Constance Chlore | L’air respirait comme un animal

Publié le :

15 février 2022

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Catégorie(s) :

<< Poésie d'un jour

Ruspolli

"Ces grandes peintures énigmatiques"

Ph. Mario Ruspoli, Lascaux, Un nouveau regard

Bordas 1986

NUIT PEUPLÉE D’ARDOISES

Nuit peuplée d’ardoises
dans l’ombre des sous-bois et des détresses
l’homme interroge la matière
figures géométriques, répétitions
Il n’est d’autres signes que ces rythmes

Aux lointains du monde
l’union avec la matière passe par le corps
Ce qui devance un tracé de lumière :
une ligne de foudre

Cheval brun galopant, cheval brun s’effondrant
C’était au temps
où les bêtes jetaient des sorts
Éclosion miraculeuse :
sous l’agile des mains
les formes hâtent leur apparence
forent à travers le silence

Ces grandes peintures énigmatiques
Incantations végétales, animales, humaines
fragiles comme l’argile
s’ouvrent dans le noir
déplient l’abîme
de solitude

L’angoisse est profonde
sous tous les angles
que savons-nous des hommes ?
de nous sous une autre forme ?
Troupeaux irisés de prodiges
dans la ronde se poursuivent des cerfs
L’énorme espace autour des têtes

Tête surtout Têtes partout
Jaunes Ocres
Rousses

Á la pointe du risque où tout s’efface
la lance déchire sa proie
Animaux du cri
qui ne disent plus leur nom
de quels colliers d’os seront serties nos noces ?

Ces entailles, ces blessures
est-ce de là, la beauté ?

Chlore

lecture poétique de Constance Chlore
29 juin 2017, Citadelle de Bastia, piazza Santa Croce
Ph. angelepaoli

Constance C

Constance Chlore, L'air respirait comme un animal, Poésie, Éditions Unicité, Collection Le Vrai Lieu, 2021, pp.13,14

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C O N S T A N C E C H L O R E

CONSTANCE CHLORE .

■ Constance Chlore
sur Terres de femmes

[L’été n’en finit plus] (poème extrait de L’Alphabet plutôt que rien)

■ Voir aussi ▼

→ (sur le site de la Maison des écrivains et de la littérature) une notice bio-bibliographique consacrée à Constance Chlore
le site des éditions éoliennes


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