[L’ÉTÉ N’EN FINIT PLUS]![]() lecture poétique de Constance Chlore 29 juin 2017, Citadelle de Bastia, piazza Santa Croce Ph. angelepaoli L’été n’en finit plus Silencieuses baies rouges, noires Pétales colorés Partout : tes pas. Longues tiges mauves qui m’atteignent aux genoux ; mouvants des lumières des chemins éclairent l’épreuve en sa faim perpétuelle. La vie sonne l’indéchiffrable au visage. J’entre avec précaution Dans une végétation sans air : je cherche un nu de lumière L’ombre pleine de jambes me frappe au visage Avancer, avancer à grands coups de respiration Brusquement ce fut la fièvre Des yeux étincelaient dans l’herbe haute Ondulante et mystérieuse Alors commença l’ascension sur un étroit sentier Les herbes s’étendaient en eaux sources, en eaux fleuves, en grandes eaux transporteuses de flux, remous assourdissants Glissades À toute vitesse Le sang fit le tour de tout mon corps Pour oublier ton nom au mien mêlé Pour endormir ma fièvre Je n’ai rien vu Non Je n’ai rien vu J’ai senti tant de mouvements Me creusant Me vidant Tant de plaisir. Écoute Écoute à l’Est Écoute Quelques lampes allument encore ce que la digue retient Seule devant les eaux Les ombres rapides du vent Scrutent ce que je ne peux plus voir : Tu cherches ma bouche avec ton œil profond. Voir est plus prudent que toucher Voir est déjà te toucher Dans la mâchoire et l’œil Le soleil couve, habillé de mains. Constance Chlore, « La diagonale de l’animal », II, L’Alphabet plutôt que rien, poèmes, Éditions Éoliennes, Bastia, 2017, pp. 25-26.
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| CONSTANCE CHLORE ■ Constance Chlore sur Terres de femmes ▼ → Pierre étincelante ■ Voir aussi ▼ → (sur le site de la mél [Maison des écrivains et de la littérature]) une notice bio-bibliographique consacrée à Constance Chlore → (sur le site des éditions éoliennes) la fiche de l’éditeur sur L’Alphabet plutôt que rien |
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