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AU PRINTEMPS
Au printemps il est temps de rénover sa peau, d’aller dans la forêt se vautrer au terreau plein de feuilles pourries et d’entendre un oiseau chanter avec folie, voir un gars de la ville passer et repasser devant un corps débile pour se rincer l’œil et se réchauffer la bile. Au printemps il est temps de marcher sur la terre, regarder s’activer un vieux coléoptère dans le sol pour creuser de quoi faire refaire l’espèce et sentir venir sur la pourriture des germes, des bubons, des fleurs dont la guipure jettera des couleurs sur toute la nature. Au printemps il est temps de faire des allées et venues pour quêter de nouvelles giclées, sortir sur le pavé des rues mal éclairées, retrouver dans des bars nocturnes de quoi boire et imbiber encor notre improbable histoire d’envols, de parousies dans des ciels pleins de gloire. William Cliff, Le Temps suivi de Notre-Dame, poésie, La Table Ronde, 2020, page 72. ![]() |
WILLIAM CLIFF![]() Ph. © Jean Jauniaux ■ William Cliff sur Terres de femmes ▼ → Cape Cod, 7 (extrait d’America) → Lahore, 7 (extrait d’En Orient) → New York (extrait d’Amour perdu) → [Réquiem pour l’enfance] (extrait de Matières fermées) → 30 mai 2003 | William Cliff, Le Pain Quotidien → 10 novembre 2003 | William Cliff, Le Pain Quotidien ■ Voir aussi ▼ → (sur le site des éditions La Table Ronde) la page de l’éditeur consacrée à William Cliff |
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