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[TU N’OSES PLUS NOMMER]
Tu n’oses plus nommer tous ces jours qui titubent à l’abri d’une saison enfouis dans ta mémoire, jours de liesse si éphémères que l’orage a dispersés, jours dans lesquels un clair visage se glissait et qui n’est plus qu’une ombre dévoyée. Tu cherches ces marques presque effacées témoignant d’une vie que jamais le vertige ne quitta et dont tu fus sans doute l’hôte provisoire. Tu t’éloignes de toi, de ton nom, de ton nombre. Tu veux rejoindre le feu qui jadis incendia les vignes et les blés. Tu voudrais que l’enfance soit un miroir réfléchissant le monde. Tu t’es trompé de route et c’est vers le désert pourvoyeur de mirages que tout s’accomplit quoique l’on dise. Max Alhau, « Des paysages et des lieux », Les Mots en blanc, L’Herbe qui tremble, 2020, pp. 69-70. Photographies d’Elena Peinado Nevado.
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MAX ALHAU ![]() Source ■ Max Alhau sur Terres de femmes ▼ → Les Mots en blanc (lecture d’Isabelle Lévesque) → Le Temps au crible (lecture de Cécile Oumhani) → [Tu es le veilleur d’un pays englouti] (poème extrait d’En cours de route) ■ Voir aussi ▼ → (dans la poéthèque du site du Printemps des poètes) une fiche bio-bibliographique sur Max Alhau |
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