![]() Peinture de Danielle Berthet in Pierre Le Quéau & Emmanuel Merle, Lapidaire, éditions Sang d’Encre, 2016, page 23. [SOUS UNE DEMI-LUNE DÉCONCERTANTE…] Sous une demi-lune déconcertante et l’ombre d’un noyer la vallée dans la lactance épaisse d’une brume Mon pied inquiet dans l’herbe adhère un moment à quelque présence visqueuse sous-marine jusqu’à la pierre de la voie, polie et chaude encore accueillante comme une île dans l’océan
PIERRES NOIRES Des pierres si noires qu’elles sont des trous dans l’espace. Des charbons anthracite, miraculeux comme des caillots, des sanglots de la terre. Se pencher sur elles, c’est voir scintiller la surface d’une eau brisée, sentir la puissance barbare d’une vague mortelle. Mais vouloir toucher pleinement cette eau épaisse et luisante et poser ses mains dessus jusqu’à l’illusion tactile qu’on pourrait la pétrir assez pour qu’elle ait la forme de notre inconscient. Je lève les mains vers mon visage, des mains gantées du blanc le plus pur. Pierre Le Quéau & Emmanuel Merle, Lapidaire, éditions Sang d’Encre, Collection Opuscules, 84340 Beaumont-du-Ventoux, 2016, pp. 40-41. Peintures de Danielle Berthet. ![]() |
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