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[J’ATTENDAIS]
J’attendais qu’elles s’arrachent de la terre. Je les entendais souffrir de naissance. Scrutant le sol, je les vis : croître. Vous disiez, vous. Ne vouloir laisser aucune trace. Ainsi, étais-je partagé. Déchiré. Une page blanche. Ainsi devais-je trancher : Jonquilles : un aimable bouquet qui, jamais ne se fane. Vous : l’admirable souci de disparaître, de vous enrouler nue dedans la terre nue. Le bruit du vent parmi les feuilles. Le soleil blanc aux lèvres froides. Le bruit du vent aux lèvres froides. Le soleil blanc parmi les feuilles. Franck Venaille, « Tragique : 3, Royal Botanic Gardens Kew », Tragique [Obsidiane, 2001], in La Descente de l’Escaut suivi de Tragique, Éditions Gallimard, Collection Poésie/Gallimard (n° 459), 2010, pp. 271-272. Préface de Jean-Baptiste Para.
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| FRANCK VENAILLE ![]() ■ Franck Venaille sur Terres de femmes ▼ → [J’avais mal à vivre] (extrait de Ça) → [Ce que je suis ?] (extrait de C’est à dire) → Dans le sillage des mots (extrait de C’est à dire) → [On marche dans la fêlure du monde] (extrait de La Descente de l’Escaut) → [Quand la lumière née de l’estuaire] (autre extrait de La Descente de l’Escaut) → Un paysage non mélancolique (extrait de C’est nous les Modernes) → San Giovanni (extrait de Trieste) ■ Voir aussi ▼ → (sur remue.net) Au plus près de Franck Venaille, par Jacques Josse |
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