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[CE QUE TU AS CRU VOIR COURIR À VIVE ALLURE]
Ce que tu as cru voir courir à vive allure au-dessus de la plaine en touffes sombres n’était pas des nuages à laisser disparaître au loin, c’est, ne te méprends pas, une mer agitée de vagues qui gonflent s’effondrent sans fin se recomposent en formes nouvelles, lave en fusion pâte à levain, pétries travaillées jusqu’au cœur selon le rythme de la vie qui t’invite, au risque de t’entraîner t’emporter dans ses bourrasques, n’était ce bel arbre sur le rivage, qui t’offre, tourné vers le large, son tronc à enlacer. Béatrice Marchal, Un jour enfin l’accès, suivi de Progression jusqu’au cœur, éditions L’herbe qui tremble, 2018, page 88. Encres d’Irène Philips. Prix Louise-Labé 2019.
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