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FEUX CONTRE FEUX Deux surfaces, mêmes dimensions : Mon front et le ciel étoilé. Deux surfaces, feux contre feux. Gâchis contre gâchis mais exaltés Par la fusion des nuits à hautes cimes, Mais chute aussi qui me corrige, L’écart rétabli, fini le prestige. Comme on est malhabile, convalescent, Rejeté ainsi, hors de l’élément ! Froidement vidé je me sentis Quand retomba ma dépouille, Poches retournées je me sentis. Par la fusée et la fusion lointaines, Dans les hauteurs où tout est urgent, J’ai vu le ciel, il livrait le domaine. J’ai vu le point nul du sacre : Absorption, déchirement, simulacre De tout ce qu’ici-bas Nous ne pouvons pas posséder, Ici-bas et en ces lieux Où fuse l’amour : feux contre feux. Gâchis contre gâchis mais exaltés Jusqu’à la plus haute source des larmes, Mais chute aussi qui me corrige, L’écart rétabli, fini le prestige. Comme on est vain, presque mort, Poches retournées, dedans dehors. Armen Lubin, « Feux contre feux », Les Hautes Terrasses, Gallimard, 1957, in Le Passager clandestin, Sainte patience, Les Hautes Terrasses, Éditions Gallimard, Collection Poésie/Gallimard n° 404, 2005, pp. 205-206. Préface de Jacques Réda.
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ARMEN LUBIN
→ (sur le site de la revue Les Hommes sans épaules) une notice bio-bibliographique sur Armen Lubin |
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