![]() Dessin original de Gianni Burattoni in Ô vous qui dormez dans les étoiles enchaînés, éd. Gallimard, 2017, page 10. [C’ÉTAIT DANS LES ÎLES LÀ-BAS] C’était dans les îles là-bas où l’on regarde Le ciel obscur dans un miroir comme une lettre Cryptée pour en déchiffrer l’énigme appelle T-on cela une vie et sur le sable la Mer efface le dessin d’un rêve aussi Tôt que tracé c’était dans l’envers du monde et La lune sous le bras tu marchais au milieu Des dieux en exil à pâques il n’y aura pas De résurrection Comme tu aimais les vagues lorsqu’elles font Le bruit d’un livre qu’on feuillette et nous racontent L’histoire du ciel amoureux de la terre Comment en pleine course encore cet effréné Désir de vivre désormais rendu à la Nuit immobile et lourde ah je n’accuserai Ni les dieux ni les hommes je n’ai rien à dire Que les larmes et sur la tête du dormeur l’ogre A posé sa patte griffue comme un rêve d’éternité Nul n’échappe à la froide nécessité Ô vous qui dormez dans les étoiles enchaînés Ombres ombres aimées que me voulez-vous Je marche parmi les ruines et je cherche encore Au ciel la lumière dans la nuit une poche Vide Pourtant Mélisande a perdu sa bague dans l’eau d’une Fontaine avant de mourir comme aragon J’ai les yeux brulés Ah maintenant que les acteurs sont partis les Musiciens à leur tour rentrent dans la coulisse Le rideau de scène tiré les spectateurs Se lèvent dans le plus grand désordre la salle Tinte comme un sac d’osselets tu salues le Peuple des ombres Ami Tout En moi Étrangement S’éteint et Attend Tamara Ô tamara Les anges ont replié leurs ailes sur le tom Beau de l’amour Jean Ristat, « I. Éloge funèbre de Monsieur Martinoty » in Ô vous qui dormez dans les étoiles enchaînés, accompagné de dessins originaux de Gianni Burattoni, Éditions Gallimard, Collection blanche, 2017, pp. 11-12-13-15.
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JEAN RISTAT![]() Source ■ Voir aussi ▼ → (sur le site des éditions Gallimard) la fiche de l’éditeur sur Ô vous qui dormez dans les étoiles enchaînés → (sur le site d’En attendant Nadeau, n° 45) une note de lecture de Gérard Cartier sur Ô vous qui dormez dans les étoiles enchaînés |
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