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[DANS TOUTE COMBE] Dans toute combe, ce sentiment de traverser un petit pays, comme si la rivière avait creusé pour protéger, on y reçoit presque des confidences, les prés, les arbres, les champs étroits font monter leur voix, leur silence, sur le chemin de Carlucet, de Gavaudun constellé de cardamines. De part et d’autre de la route, les ombellifères au pied des frênes ruisselants de lumière, leurs premières feuilles comme des promesses, vallée de l’Aveyron toujours envoûtante, elle commence vraiment à Montricoux, elle s’ouvre en nous, puis nous montons vers Penne, les chênes du causse ont mis leurs feuilles, nous parlons finalement de choses et d’autres, du temps qui s’accélère, de la jeunesse où ça ne comptait pas d’avoir la vie devant soi,
on n’y pensait pas. […] Ce matin, ce silence qui se penche sur la journée qui commence, sur tout ce qui vient de s’effacer, cette lettre où quelqu’un s’est forcé, ce mutisme après une critique, ce rire, lorsque je suis sortie du magasin rural, avec mon accent, mes incompétences en jardinage, je l’ai entendu éclater comme un orage, comme si pour avancer nous devons laisser de côté, dans les souvenirs aussi d’ailleurs, sinon nous trébuchons sur les mêmes pierres. Josette Ségura, Jours avec, Éditinter, Collection poésie, 2017, pp. 14-15-17.
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| JOSETTE SÉGURA ![]() Source ■ Josette Ségura sur Terres de femmes ▼ → Dans la main du jour (lecture d’Isabelle Raviolo) → Entre la parole et nous (extrait d’Au bord du visage) → [Le parler de l’hiver] (extrait d’Au plus près de nos pas) → [« On a tellement de souvenirs… »] (extrait des Éclaircies) ■ Voir aussi ▼ → (sur le site de Pleine Page) une notice bio-bibliographique sur Josette Ségura → le site des éditions L’Arrière-Pays |
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