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[D’ICI] D’ici, on aperçoit à peine la lame rouillée du soleil. Ça vient et ça s’éloigne et ça n’arrête pas de brunir. La lumière est friable, l’obscurité la réconforte. On en aime le dépouillement et l’au revoir discret. Sans larmes. Sans effusion. Sans fumée ni tambour. Sans même un bref salut. Il se fait tard. Une déchirure s’opère entre la plage et l’océan. Un cargo met le cap à l’ouest. Pleins gaz. Tout s’apaise à présent. Tout est enfin léger. La sirène du cargo, la falaise, les ressacs. Leur laisser-aller. C’est cette distance qui saute le plus aux yeux. Une ombre flâne dans les blés. On entend un bruissement. Les pierres claquent. L’humeur décline. La luminosité s’écrase tout au fond de sa niche, déjà prête à ronger le jour. Jean-Baptiste Pedini, Le Ciel déposé là, L’Arrière-Pays, 33260 Jégun, 2016, pp. 30-31-32.
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JEAN-BAPTISTE PEDINI![]() Source ■ Voir aussi ▼ → (sur Ce Qui Reste) une page sur Jean-Baptiste Pedini → Prendre part, le site de Jean-Baptiste Pedini → une lecture du Ciel déposé là de Jean-Baptiste Pedini, par Marie-Josée Desvignes |
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