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[VOILÀ QUE TU ES DEVENU POREUX]
Ph. angèlepaoli Voilà que tu es devenu poreux ta vie ton corps bien près d’éclore un demi-siècle que tu es cette chose vivante à son tour sur la terre et ne sait toujours pas quoi t’emplit te contient dont tu parais soudain voûté craintif un ton plus bas et cependant tu sens montant la simple côte en faisant rouler la pierre que quelque chose est là pour toi impossible à dilapider Car on t’attend quelque part dans l’enfoui comme autrefois tu te souviens de cette vie profonde sous la pile des linges que tout était par devant bien plié le journal sur la table puis la table dans le jardin avec du ciel mais dans un fouillis débonnaire d’odeurs et de regards et de sœurs probes qui caressent aujourd’hui tous ces vivants jamais rejoints sont-ils toujours de ta famille pris ici dans les mots n’ayant que ce lieu pour rester Georges Guillain, « Que ce lieu pour rester » (extrait), in Avec la terre, au bout, Atelier La Feugraie, 2011, pp. 89-90. |
GEORGES GUILLAIN
→ six août | Georges Guillain, Compris dans le paysage → Que ce lieu pour rester (extrait d’Avec la terre, au bout) → [Novembrer tout y revient patauger] (autre extrait d’Avec la terre, au bout) → Tant que nous sommes (extrait d’Un bouquet pour les morts) → [Voilà] (extrait de Parmi tout ce qui renverse) ■ Voir aussi ▼ → (dans la Poéthèque du site du Printemps des Poètes) une fiche bio-bibliographique sur Georges Guillain |
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