TDF - La revue de poésie et de critique d'Angèle Paoli

Terres
de Femmes

Poésie d’un jour | A punta mortale

Publié le :

13 juin 2007

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A PUNTA MURTALE


Fillette peau de mélisse1frtille_cul_rebondi_
surgie des rehauts
de la plage qui s’étire
méroétique dans le soleil
frétille cul rebondi
sur ses jambes de statue
noire – étrangère au suicide de
celui que tu revois – paupières closes – enfant
balancé au bout de sa corde
jusqu’à l’abstraction du ciel
grenier refermé sur la douleur
dans le bras lourd des contingences
la houle de ce jour d’hiver

la montagne pourtant2cailloux_grens_en_silence
n’a rien perdu de son éclat
ni le maquis de son mystère
ressassement régulier de la vague
liftée drue et longue
dans le soleil bercement matinal
sous la lumière dense déjà
cailloux égrenés en silence
le long de la colonne vertébrale
du ciel au passage un sourire
hypnotique gravé dans la rondeur
de la pierre – visage – les derniers coquelicots
bouquets d’ongles de sang
dans le soleil a punta murtale
je t’aime je ne cherche pas à te fuir3et_cest_dj_lt_grandi_dans_le_solei
j’écoute les grésillements d’élytres
affolés au-dessus de la lampe
j’exulte
dans le soleil pépiement de lumière
hors-saison polissé
par la rondeur des jours le bonheur
galet rond roule entre tes lèvres douces-baiser
les effluves de midi mordent ta joue
et c’est déjà l’été
grandi
dans le soleil


Angèle Paoli, Noir écrin, A Fior di Carta Éditions, Barrettali (Haute-Corse), 2007, page 40.
D.R. Texte angèlepaoli
Photos, G.AdC



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Une réponse à “Poésie d’un jour | A punta mortale”

  1. Recomposer le décor inventé de ses mots sur un écran. Installer à la façon d’un aquatintiste un premier plan d’herbes folles embrasées de l’orangé estival des fleurs de cistes dans la scintillance d’un soleil couchant…
    Peu importe l’art. Piero della Francesca ou Leonardo ne parviendront pas à le réconcilier avec sa peine. Elle n’est pas avec lui, mais elle est là, dans le contre-jour rasant, dans le sombre que font maintenant les silhouettes des arbres dans le lointain, surgis de l’arrière-plan des toiles de maîtres de la Renaissance.
    Lui en attitude instable est au sommet d‘une montagne, sur le plus haut sommet de l’île, dans cet équilibre précaire qui le fait hésiter entre le renoncement et la création. Il sait la profonde ambivalence de son insularité, de sa gémellité, de son double caractère paradoxal.
    Son attachement à sa terre devrait signifier ouverture sur l’immensité de l’infini marin, mais elle est fermeture, celle des vallées encaissées des montagnes. Tantôt il penche vers l’un des versants, tantôt l’autre l’attire. Qui mieux que lui-même, elle peut-être, elle qui écrit, qui se décrit, qui décrit la déconvenue, l’insatisfaction, le doute, le risque, le pari incertain, la complexité embarrassante, sait ?
    Elle.

    Amicizia
    Guidu___

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