TDF - La revue de poésie et de critique d'Angèle Paoli

Terres
de Femmes

Michel Deguy | ô folle déclaration d’amour

Publié le :

07 juin 2007

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Catégorie(s) :

« Poésie d’un jour »



Le jusant me laisse à cette page épuisée

Ph., G.AdC







Ô FOLLE DÉCLARATION D’AMOUR


ô folle déclaration d’amour à cette langue ! Elle a reçu son territoire, elle est d’ici où la fleur cyanosée qui repère la mer défilante accroche les mots qui la frôlent, et transforme en sa gloire ce qu’elle touche, j’aime voyage insalubre comme une île, et lacustre comme un lac éteint, il est à respecter des choses que les mots ne nomment pas mais qui les gagent, accords de ressemblance oblique, immortelle et tourbe, la vraie leçon qui est fable, les tendres emblèmes je déraisonne et comment se rangent malgré nous le mauve l’impair et cet animal, ô voyelles généralisées, liberté que nul autre ne peut prendre le temps même au vol imploré bat d’aile noire d’oiseau dans le soleil, le jusant me laisse à cette page épuisée, le sang contre la falaise interne et le roc referme le capot de la mer ; là vivre limitrophe s’esquisse ; je me suis tu longtemps Madame et vais encore — plaider comme la mer […].


Michel Deguy, Figurations [1969], in Ouï dire, Poèmes I 1960-1970, Gallimard, Collection Poésie, 1973, page 111.





MICHEL DEGUY


Deguy
Source



■ Michel Deguy
sur Terres de femmes

Cap sur l’agora des biens
De l’attachement
Pour la poésie aujourd’hui
Quand il n’y aurait…
6 novembre 2014 | Mort d’Abdelwahab Meddeb (extrait de Prose du suaire de Michel Deguy)



■ Voir | écouter aussi ▼

→ (sur le site Université de tous les savoirs)
la conférence de Michel Deguy (L’attachement) du 31 décembre 2000





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2 réponses à “Michel Deguy | ô folle déclaration d’amour”

  1. Serge Venturini

    Pour Michel Deguy,
    la résistance de la poésie chevillée au corps.

    Aux regards trop noirs, ― Rose, fleuris du fond de nuit !
    La rose rouge de l’aurore ― un œil au front du jour.

    Amicizia

  2. Aux flammes, laissons les larmes
    aux anges l’empreinte
    de nos lèvres
    murmurant l’infime moment
    qui tient au vent toute
    son éternité.

    Lisa/Lise Dest

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