TDF - La revue de poésie et de critique d'Angèle Paoli

Terres
de Femmes

Déborah Heissler | sur l’herbe sèche ce jour

Publié le :

31 mai 2007

/

Catégorie(s) :

« Poésie d’un jour »



1.1_froissement_du_bleu



sur l’herbe sèche ce jour
sombre et magnifique


l’ossement des ruches
en salve de silence





chemin brûlé
d’ortie safran sur les mains




froissement du bleu
des ronces ample ajouré l’odeur


est forte d’origan derrière le volet
parce que la nuit finit




en immenses nids de guêpes
sur le désert ingrat





2.2_la_sarabande




rien sinon le chant que nul
n’a chanté





oublie et n’oublie pas
la nuit l’abîme à dire




grenades frénétiques dénuées de sens
sous la caresse


allant l’air
et la sarabande




grave sourde intense
aux terres nues brûlées



Déborah Heissler
Texte D.R. Déborah Heissler *

Photos 1 et 2, G.AdC



____________________
* Note d’A.P. : Poème inédit (à paraître dans le recueil Chiaroscuro) remis par l’auteure ce jour. Merci Déborah.




DÉBORAH HEISSLER


Deborah Heissler Guidu
Image, G.AdC




■ Déborah Heissler
sur Terres de femmes


Les Nuits et les Jours (lecture d’AP)
Je ne peux oublier (poème extrait des Nuits et des Jours)
« Des pas dans la neige » (poème extrait de Sorrowful Songs)
Sorrowful Songs (note de lecture d’AP)
Près d’eux, la nuit sous la neige (lecture d’AP)
La protection des pierres (poème extrait de Près d’eux, la nuit sous la neige)
→ (dans l’anthologie poétique Terres de femmes)
loin (extrait de Comme un morceau de Nuit, découpé dans son étoffe)
→ (dans la galerie Visages de femmes) le poème «
Errance »




■ Voir aussi ▼


→ (sur le site de la mél, Maison des écrivains et de la littérature)
une notice bio-bibliographique sur Déborah Heissler
→ (sur soundcloud.com)
« sur l’herbe sèche ce jour », dit par Déborah Heissler





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4 réponses à “Déborah Heissler | sur l’herbe sèche ce jour”

  1. Alessandro

    Métaphores à peine ébauchées du poème éclos, une lumière, un regard. Eclosions. La décantation du jour / sur l’herbe sèche / – ce que nous voyons et ressentons et qui se consume dans nos pupilles, comme une tragédie silencieuse, tout à la fois interminable et douloureuse – dolorosa … Pergolesi, Caldara, Sternfeld ?

    Aucun univers textuel stable ou statique (désert, origan, nuit), mais une écriture ouverte et offerte au perpétuel recommencement … les blancs et les silences, loin de séparer ou distendre, permettent au contraire d’entrer dans une multitude de rapports, d’autant plus ouverts qu’ils sont simplement suggérés ; ossement, froissement, tact de la caresse … frénétiquement sarabande / aux terres nues brûlées / … inouï lol …

    Merci Angèle …

  2. Anne Rh.

    En échos au poème de Déborah, cette phrase de Khalil Gibran : « Nul ne peut atteindre l’aube sans passer par le chemin de la nuit ». J’ai eu le sentiment qu’elle pouvait résumer, dans son ensemble, la tonalité du recueil. Merci Angèle pour votre si joli « billet » qui m’a aidé et incité à le lire.

    Qu’en est-il des autres auteurs cités sur la jaquette (vous avez été sensible à deux d’entre elles visiblement), une raison à cela (formation, âge) ?

    Chaleureusement, Anne.

  3. Merci, Anne. Je suppose que vous faites référence à mon billet sur le recueil Près d’eux, sous la neige. Mais à quelle jaquette faites-vous référence, puisque le recueil que je possède n’en a pas ? Et quels sont ces auteurs auxquels vous faites allusion ?

    Amicizia

  4. Anne Rh.

    Votre article Angèle. Oui. Je lis les auteurs que Cheyne publie dans sa collection verte (assez régulièrement et avec intérêt je dois dire). A la fin du recueil, figurent également le nom d’autres jeunes auteurs (Rochery, Eleusis, Baros) publiés dans la petite collection « bleu nuit » ; c’est à eux que je faisais allusion tout à l’heure. J’ai trouvé l’idée à la fois originale et « délicate ».

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