TDF - La revue de poésie et de critique d'Angèle Paoli

Terres
de Femmes

15 avril 1452 | Naissance de Léonard de Vinci

Publié le :

15 avril 2007

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Catégorie(s) :

Éphéméride culturelle à rebours



Le 15 avril 1452 est né à Vinci, petit bourg de Toscane, Leonardo, fils naturel de Caterina et de Pierre di Antonio.



Dans ses Vies d’artistes, Giorgio Vasari (1511-1674), peintre, architecte et écrivain mais également critique d’art, consacre plusieurs pages fort élogieuses au génie exceptionnel de Leonardo [Lionardo].







Leonardo








14. LÉONARD DE VINCI







« On voit pleuvoir du haut des influences célestes des dons immenses dans les hommes de façon bien souvent naturelle, et parfois des dons surnaturels : beauté, grâce et talent, s’accumuler à déborder en un seul de telle manière que, partout où il se tourne, chacune des actions de cet homme est si divine que, surpassant tous les autres, il se fait connaître de façon manifeste comme étant telle qu’elle est, chose accordée par Dieu et non acquise par l’art de l’homme.
C’est là ce que virent les hommes en Léonard de Vinci : en lui, outre la beauté du corps qu’on ne loue jamais assez, il y avait la grâce, plus qu’infinie en toutes ses actions ; et le talent, en telle quantité et qualité que partout où il appliqua son esprit aux choses difficiles, avec facilité il les résolvait.
La force en lui fut grande et jointe à l’adresse, au courage et à la valeur, toujours royale et magnanime. Et la réputation de son nom s’étendit tant que non seulement en son temps il fut tenu en haute estime, mais qu’il parvint encore plus haut pour sa postérité après sa mort.
Véritablement admirable et céleste fut Léonard, fils de Pierre de Vinci, et dans l’érudition et les principes des lettres il eût été fort loin s’il n’avait été si capricieux et instable, parce qu’il se mit à l’étude de bien des choses et, une fois commencées, il les abandonnait. […] Et il exerça non seulement une profession, mais toutes celles où intervenait le dessin. Il avait une intelligence si divine et si merveilleuse que, tout en excellant en géométrie, non seulement il œuvra dans la sculpture, modelant en terre, dans sa jeunesse, des têtes de femmes souriantes, qui méritent d’être moulées en plâtre, et également des têtes de putti qui semblaient sorties de la main d’un maître, mais aussi en architecture il fit de nombreux dessins aussi bien des plans que des représentations d’autres édifices. Il fut aussi le premier à étudier, tout jeune encore, le fleuve de l’Arno, en vue de le canaliser de Pise à Florence. Il fit des dessins de moulins à farine et à foulon, de machines qui pussent fonctionner par l’action de l’eau.
Comme il voulut aussi exercer la profession de peintre, il travailla beaucoup à peindre d’après nature, et quelquefois à faire des médailles, des modèles en terre : ensuite, patiemment, il se mettait à les reproduire sur des toiles très fines, ou de petits lins préparés qu’il travaillait en blanc et noir, à la pointe du pinceau, avec une finesse prodigieuse, ainsi qu’en témoignent quelques-uns de sa main que je possède, dans notre portefeuille de dessins. En outre, il dessina sur papier, avec tant d’application et si bien, qu’il n’y a personne qui ait jamais trouvé à ajouter à ces finesses : en ce genre j’ai une tête en clair obscur faite à la pointe d’argent qui est divine. »





14. LIONARDO DA VINCI



« Grandissimi doni si veggono piovere dagli influssi celesti ne’corpi umani molte volte naturalmente, e sopra naturali, talvolta; strabocchevolmente accozzarsi in un corpo solo : bellezza, grazia e virtù, in una maniera che, dovunque si volge quel tale, ciascuna sua azzione è tanto divina, che lasciandosi dietro tutti gl’altri uomini, manifestamente si fa conoscere per cosa (come ella è) largita da Dio e non acquistata per arte umana.
Questo lo videro gli uomini in Lionardo da Vinci, nel quale oltra la bellezza del corpo, non lodata mai a bastanza, era la grazia più che infinita in qualunque sua azzione; e tanta e sì fatta poi la virtù, che dovunque l’animo volse nelle cose difficili, con facilità le rendeva assolute.
La forza in lui fu molta e congiunta con la destrezza, l’animo e ‘l valore sempre regio e magnanimo. E la fama del suo nome tanto s’allargò, che non solo nel suo tempo fu tenuto in pregio, ma pervenne ancora molto più ne’posteri dopo la morte sua.
Veramente mirabile e celeste fu Lionardo, figliuolo di ser Piero da Vinci; e nella erudizione e principii delle lettere arebbe fatto profitto grande, se egli non fusse stato tanto vario et instabile, perciò che egli si mise a imparare molte cose, e cominciate poi l’abbandonava. […] E non solo esercitò una professione, ma tutte quelle ove il disegno si interveniva. Ed avendo uno intelletto tanto divino e meraviglioso che, essendo bonissimo geometra, non solo operò nella scultura, facendo nella sua giovanezza, di terra alcune teste di femmine che ridono, che vanno formate per l’arte di gesso, e parimente teste di putti che parevano usciti di mano d’un maestro, ma nell’architettura ancora fe’molti disegni così di piante come d’altri edifizii e fu il primo ancora che, giovanetto, discoresse sopra il fiume d’Arno, per metterlo in canale da Pisa a Fiorenza. Fece disegni di mulini, gualchiere ed ordigni, che potessino andare per forza d’acqua ;
e perché la professione sua volle che fusse la pittura, studiò assai in ritrar di naturale, e qualche volta in far medaglie, di figure di terra, ed adosso a quelle metteva cenci molli interrati, e poi con pazienza si metteva a ritrargli sopra a certe tele sottilissime di rensa o di pannilini adoperati, e gli lavorava di nero e bianco con la punta del pennello, che era cosa miracolosa, come ancora ne fa fede alcuni, che ne ho di sua mano, in sul nostro libro de’disegni ; oltre che disegnò in carta con tanta diligenza e sì bene, che in quelle finezze non è chi vi abbia aggiunto mai, che n’ho io una testa di stile e chiaro scuro che è divina… »


Giorgio Vasari/ Benvenuto Cellini, Vite di artisti, Éditions Gallimard, Collection Folio bilingue, 2002, pp. 164-169. Traduit et préfacé par Gérard Luciani.





■ Léonard de Vinci
sur Terres de femmes

10 juin 1910 | Un souvenir d’enfance de Léonard de Vinci
Patrick Boucheron, Léonard et Machiavel (note de lecture d’AP)





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2 réponses à “15 avril 1452 | Naissance de Léonard de Vinci”

  1. De Vinci était le poète de la peinture, du dessin, un inventeur de rêves, un visionnaire…

  2. Un très bel exemple, en effet, du « miracle » de la Renaissance italienne !

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